Les trois bugs de la finance

Créé le

23.06.2011

-

Mis à jour le

29.06.2011

« Avec la crise, les marchés ont montré leurs trois principales faiblesses.

Premièrement, les marchés financiers sont opaques. Un tel manque de transparence n’existe que sur ce type de marché, ce n’est pas du tout le cas par exemple pour l’agro-alimentaire.  Il est par exemple impossible aujourd’hui de connaître précisément l’exposition des grandes banques françaises à un défaut grec. Autre exemple, en ce qui concerne le CAC 40, il ne reflète qu’une partie des entreprises qui sont incluses dans ce regroupement. Conséquences : battre le CAC 40 n’est pas si difficile ! En réalité, beaucoup de produits structurés ont des honoraires cachés, notamment dans les frais de transactions. Dans les dix ans qui viennent, nous allons passer dans une période de contestation. Les citoyens vont s’interroger sur la source de ces « rentes de situation » de certaines institutions. Et exiger plus de transparence !

Autre problème : la concurrence. Comment se fait-il qu’aucune banque n’ait été créée pendant la crise, alors que les taux étaient très bas ? Cette question mérite d’être posée et démontre l’existence d’un oligopole.

Enfin, le dernier bug des marchés réside dans l’arbitrage de régulation. L’État ne joue pas son rôle d’arbitre à cent pour cent car il protège la finance et les banques en particulier. Pour optimiser leur profit, les banques ont tiré partie de cette protection de l’État : elles savaient de toute manière que la Banque Centrale baisserait les taux et injecterait de la liquidité.

Il faut mettre en place de nouvelles façons d’appréhender la régulation. »

Augustin Landier est coauteur avec David Thesmar, en 2010, de La Société translucide – Pour en finir avec le mythe de l'État bienveillant (Fayard, Prix Turgot 2011) et, en 2008, de l'ouvrage Le Grand Méchant Marché – Décryptage d'un fantasme français, chez Flammarion.



À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº738