Financement

Les TPE en quête d’un nouvel accompagnement

Créé le

11.06.2019

-

Mis à jour le

28.06.2019

Le défi majeur des dirigeants de très petites entreprises réside aujourd'hui dans la connaissance et la maîtrise de toute la palette des solutions proposées. Un nouveau métier émerge : celui de courtier en prêts professionnels.

La situation peut sembler des plus paradoxales : au moment même où le crédit bancaire aux très petites entreprises (TPE) atteint des taux de croissance historiquement élevés, les artisans, commerçants, professions libérales et autres dirigeants de TPE sont de plus en plus en attente d’accompagnement et de conseil pour le financement de leur activité professionnelle.

Un contexte globalement favorable

Le crédit aux TPE connaît globalement une croissance très dynamique : à fin mars 2019, l'encours de crédits aux TPE atteint 287 milliards d'euros, en hausse de 9,2 % sur un an d’après la Banque de France. Les encours des crédits à l'équipement et des crédits immobiliers, en particulier, continuent de progresser à un rythme soutenu : respectivement 6,9 % et 11,2 %. Par ailleurs, le taux d'intérêt moyen des crédits de montant inférieur à 250 000 euros reste en deçà de 2,0 % (1,74 %), un niveau toujours nettement inférieur à ceux pratiqués dans les autres grands pays de la zone euro.

Les TPE bénéficient actuellement d'un accès satisfaisant au crédit. Au 1er trimestre 2019, l’indicateur publié par la Banque de France sur le pourcentage des demandes de crédit satisfaites a atteint 72 % pour les crédits de trésorerie et 89 % pour les crédits d’investissement. Cependant, ces indicateurs se révèlent moins bons pour les TPE que pour les PME comptant plus de 10 salariés : respectivement, 88 % et 95 %. L’accès au crédit des TPE se révèle moins aisé, notamment en raison de structures financières plus déséquilibrées en moyenne et du manque de temps consacré par les dirigeants aux questions de financement de l’activité et au suivi de la trésorerie.

Un monde du financement de plus en plus complexe

Si les crédits distribués aux TPE sont globalement dynamiques, les nouvelles règles prudentielles qui s’appliquent aux banques depuis la dernière crise financière, notamment Bâle III, modifient les conditions d’octroi du crédit aux entreprises. Une tendance au cofinancement apparaît ainsi pour des montants beaucoup plus modestes que dans le cadre de pools bancaires traditionnels. On voit par exemple aujourd’hui des dossiers à 500 000 euros cofinancés par trois banques. Par ailleurs, de nombreux chefs d’entreprise ressentent lors de leur demande de financement une plus forte pression pour mobiliser des créances commerciales – impression corroborée par la progression de l’affacturage –, mais aussi des actifs physiques de l’entreprise ou leur patrimoine personnel. Dans ce contexte, les investissements immobiliers et les équipements physiques posent moins de problèmes de financement que les investissements immatériels – innovation, marketing, formation des salariés, logiciels, site Internet – qui par nature ne se prêtent pas à une prise de garantie, mais sont absolument fondamentaux pour la compétitivité des TPE.

Enfin, on assiste à l’apparition et au développement de nouveaux acteurs du financement. Les plateformes de financement participatif, la modernisation des bons de caisse et de nouveaux acteurs de l’affacturage en ligne offrent de nouvelles solutions de financement aux TPE.

Il n’y a pas encore si longtemps, une grande partie des dirigeants de TPE n’avaient qu’une seule banque et un nombre réduit de produits de financement – découvert ou crédit amortissable –, avec des caractéristiques relativement simples. Aujourd’hui, les dirigeants peuvent mobiliser plusieurs partenaires bancaires et non bancaires, les combiner pour obtenir une solution cofinancée, optimiser les modalités de leur prêt – avec ou sans garanties, avec différé ou remboursement in fine et selon différentes maturités – et faire appel à des produits moins classiques : affacturage, crédit-bail, location financière… Face à une telle démultiplication et diversification des possibles, le défi majeur pour les dirigeants d’entreprise devient la connaissance et la maîtrise de toutes ces nouvelles modalités pour optimiser leur financement. Or, les malentendus sont nombreux : « les plateformes de crowdfunding sont moins exigeantes que les banques », « l’affacturage, c’est pour les entreprises en difficulté », « le cofinancement, c’est réservé aux grandes entreprises » sont des phrases encore trop souvent entendues.

De nouveaux besoins en conseil et accompagnement

La demande d’information, d’accompagnement et de conseil de la part des entrepreneurs s’accroît dans un monde du financement qui se transforme et devient de plus en plus complexe. Les questions de financement sont vitales pour l’entrepreneur mais ce dernier reste absorbé le plus souvent par le pilotage opérationnel de son activité et de son carnet de commandes. Le sujet est particulièrement délicat pour les 60 000 opérations par an de cession-transmission d’artisans-commerçants et de sociétés commerciales à financer sur la prochaine décennie. Pour que ces nouvelles potentialités de financement soient exploitées au bénéfice de l’entreprise, le dirigeant doit se faire accompagner.

En France, la banque joue un rôle primordial pour le financement des TPE. Pour autant, la collaboration entre les petites entreprises et leur banque dépend d'abord de la qualité du relationnel. D’après les résultats du deuxième Baromètre Deloitte-In Extenso de la confiance des dirigeants de TPE à l’égard de leurs banques, l’écoute (57 %), la fréquence des contacts (41 %) ou la pertinence des conseils apportés (35 %) figurent sur le podium des générateurs de confiance. Le changement répété d’interlocuteur vient perturber les équilibres et constitue la première raison d’un déficit de confiance. L’altération de la confiance peut aussi être motivée par des lacunes en conseil et suivi : 67 % des TPE ayant changé de banque au cours des deux dernières années pointent du doigt les manquements du conseiller. Malgré un niveau de confiance relativement stable, la relation entre dirigeants de TPE et banques professionnelles n’est pas un long fleuve tranquille.

En outre, les banques françaises ont fermé au cours des dix dernières années 5 % de leurs agences, soit environ 2 000 points de vente. Un rythme bien plus lent que celui des autres grands pays de la zone euro, mais qui s'accélère sensiblement. Or les fermetures d’agences physiques des réseaux bancaires touchent aussi la clientèle de professionnels et posent autant de questions sur les nouvelles façons d’accompagner des clients en demande d’expertise et de confiance.

L’émergence du courtage en financement professionnel

À ce jour, le courtage en prêts professionnels se trouve à l’état embryonnaire. Il reste peu connu des dirigeants de TPE. Ceux-ci font pourtant régulièrement appel dans le cadre de leur activité professionnelle à des conseils, avocats ou experts-comptables, et à des intermédiaires, notamment en assurance. L’ambition de CAFPI est d’impulser le développement et de devenir le leader du courtage en financement professionnel, à l’image de ce qui a été accompli dans le prêt immobilier aux particuliers depuis 50 ans. Le choix a été fait d’un déploiement sur l’ensemble du territoire national avec des collaborateurs experts qui se consacrent exclusivement au courtage en financement professionnel, afin de créer un climat de proximité et de confiance. Des partenariats ont été noués avec une très large palette de financeurs bancaires et non bancaires – établissements de crédit spécialisé en crédit-bail et affacturage, fonds de dettes, plateformes de crowdlending –, ainsi que des collaborations avec l’écosystème des entrepreneurs – avocats d’affaires, experts-comptables ou agents de fonds de commerce. Il s'agit d'offrir le meilleur service aux artisans, commerçants, professions libérales et dirigeants de TPE, tout en intégrant l’utilisation des dernières technologies numériques, telles que le machine learning. Le courtier est amené à accompagner les artisans, commerçants, professions libérales et dirigeants de TPE dans leur recherche de financement pour tous leurs projets : équipement, murs professionnels, travaux et rénovation, investissements immatériels, reprise de fonds de commerce… Il répond à leur demande d’optimisation des nouvelles offres de financement, et leur fait gagner du temps. Un temps précieux qu’ils préfèrent toujours consacrer à leur activité professionnelle.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº834