Congrès

Trésorerie d'entreprise

Les taux négatifs remettent en cause l’« équivalent cash »

Créé le

19.11.2014

-

Mis à jour le

01.12.2014

Quel impact a l’environnement de taux bas sur la trésorerie des entreprises ?

Suite aux décisions de juin et de septembre de la BCE d’abaisser ses taux directeurs, l’AFTE a engagé des réflexions au sein de sa commission Placements. Mécaniquement, l’ Eonia [1] , aujourd’hui légèrement négatif, pourrait désormais descendre jusqu’à -20 points de base. Cela peut remettre en cause les placements dans les OPCVM monétaires et surtout dans les monétaires court terme dont la valeur liquidative (VL) nette des frais de gestion pourrait passer à terme en territoire négatif. Aujourd’hui, investir dans un certificat de dépôt ou un dépôt à terme d’une banque bien notée peut aussi générer un rendement négatif. On commence seulement à « toucher » quelques points de base de rémunération pour des placements à partir de 3 mois.

En quoi est-ce problématique ?

Investir à taux négatifs signifie schématiquement que l’on prête de l’argent à une contrepartie et que l’on doit, en plus, lui signer un chèque pour qu’elle garde cet argent. C'est une approche « intellectuellement difficile ». De plus, cela peut être particulièrement problématique pour les trésoriers d’entreprise qui investissent en retenant la notion d’« équivalent cash », qui permet de déduire l’investissement du montant de la dette brute. Cette notion comptable s’accompagne de divers critères (facilement convertible en cash, moins de 90 jours, risque négligeable de changement de valeur). Quid d’une VL négative dans le cadre d’investissement en OPCVM ? Nous avons proposé aux trésoriers de discuter de ce point avec leurs commissaires aux comptes. Nous pensons que cette nouvelle donne, caractérisée par un Eonia en territoire négatif, est amenée à durer. On est face à un changement de paradigme.

Pour attirer les dépôts des corporates, les banques ne proposent-elles pas des placements avantageux ?

Pour satisfaire les ratios de liquidité mis en place par Bâle III, les banques ont, par le passé, sollicité les entreprises en  proposant des produits dits boostés, sur des maturités plus longues, de l’ordre de 2 ou 3 ans, mais avec éligibilité à l’ « équivalent cash ». Il fallait capter de la liquidité pérenne. Aujourd’hui, ce sont des propositions que l’on voit beaucoup moins.

1 Euro OverNight Index Average.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº778
Notes :
1 Euro OverNight Index Average.
RB