Focus

Les produits dérivés pointés du doigt par Finance Watch

Créé le

21.05.2013

-

Mis à jour le

04.06.2013

En quoi la question de la tenue de marché est-elle importante ?

La tenue de marché contient l'activité de produits dérivés [1] . L' encours notionnel [2] des dérivés dans le monde représente 700 000 milliards de dollars, soit 12 fois le PIB de la planète. Et 93 % des transactions de produits dérivés se font entre entités financières, ce qui crée une interconnexion entre acteurs financiers et donc fragilise le système.

Mais le point de départ de ces dérivés ne correspond-il pas aux besoins d'entreprises non financières ? Par exemple, après avoir vendu une couverture à une entreprise, la banque cherche à se couvrir auprès d'une autre entité financière...

Même si le point de départ de la tenue de marché est bien un client non financier, il donne lieu ensuite à une multitude de transactions sous prétexte de couverture. Cela ne justifie pas de maintenir la tenue de marché dans son ensemble aux côtés des dépôts. Ces activités sont de nature totalement différente.

Alors que Lehman Brothers n'était pas une banque gigantesque, elle détenait 2 millions de contrats de produits dérivés. Cinq ans après la faillite, des armées de comptables et d'avocats continuent de démêler cet écheveau.

L'exemple de Lehman Brothers montre qu'il n'est pas nécessaire d'être une banque universelle pour développer une importante activité de produits dérivés ; par ailleurs, avoir laissé Lehman faire faillite apparaît aujourd'hui comme une erreur, donc une banque d'investissement peut, elle aussi, être too big to fail

Il est vrai que nous sommes aujourd'hui dans un système où même les banques d'affaires sont considérées comme étant trop grosses pour faire faillite. Concernant leur activité sur les dérivés, il faut distinguer les dérivés court terme et les dérivés long terme. Lehman Brothers faisait surtout du court terme, tout comme Goldman Sachs. Les dérivés long terme (options à 5 ou 10 ans) procurent des marges plus confortables et sont le plus souvent élaborés par des banques universelles (Deustche Bank, Barclays, BNP Paribas, JP Morgan…).

1 Un produit dérivé est un contrat offrant une protection contre l’évolution d’un taux, d’un cours de change, d’une obligation, d’une action... Cette option donne le droit d’acheter tel actif à tel prix pendant tant de temps. Grâce à sa tenue de marché, la banque qui a vendu cette option peut s’engager à la racheter si son client souhaite s’en séparer. 2 Le montant notionnel est beaucoup plus élevé que le montant sur lequel porte le risque : si l’on prend l’exemple d’un swap de taux où une entreprise veut échanger un taux variable contre un taux fixe, la banque prend le risque sur la différence entre les deux taux, alors que le montant notionnel est la somme (par exemple le montant d’une dette) à laquelle ces taux sont appliqués.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº761
Notes :
1 Un produit dérivé est un contrat offrant une protection contre l’évolution d’un taux, d’un cours de change, d’une obligation, d’une action... Cette option donne le droit d’acheter tel actif à tel prix pendant tant de temps. Grâce à sa tenue de marché, la banque qui a vendu cette option peut s’engager à la racheter si son client souhaite s’en séparer.
2 Le montant notionnel est beaucoup plus élevé que le montant sur lequel porte le risque : si l’on prend l’exemple d’un swap de taux où une entreprise veut échanger un taux variable contre un taux fixe, la banque prend le risque sur la différence entre les deux taux, alors que le montant notionnel est la somme (par exemple le montant d’une dette) à laquelle ces taux sont appliqués.