L’ouverture des marchés nationaux de paiement n’est pas neutre pour les banques. En permettant à des établissements d’autres États membres de traiter de bout en bout des ordres de paiement d’entreprises nationales, le Sepa va, à n’en pas douter, dynamiser les échanges commerciaux entre banques et entreprises, et ainsi créer de nouvelles opportunités. L’enjeu dépasse le seul domaine des moyens de paiement et constitue une opportunité de proposer d’autres produits à plus forte valeur ajoutée (crédits de trésorerie, placements, produits d’assurances…).
En cela, il n’est pas impossible de voir les moyens de paiement, traditionnellement générateurs de marges récurrentes et élevées, utilisés comme produit d’appel pour proposer une offre bancaire complète, et entraîner de nouvelles formes de concurrence à l’échelle de l’Europe. Ces actions pourront également viser à développer l’activité de succursales de banques françaises à l’étranger, qui peuvent grâce au Sepa profiter pleinement des infrastructures d’échange et de compensation françaises (STET-CORE), susceptibles de leur offrir des conditions plus avantageuses.
À noter cependant que ces mécanismes seront conditionnés, en partie, par la décision de supprimer ou non les commissions d’interchange multilatérales. Pour rappel, il s’agit d’un montant incompressible facturé au donneur d’ordre pour chaque ordre de paiement, et reversé à la banque du payeur, fixé de concert par les acteurs bancaires de la Place. Pour le prélèvement, celui-ci s’élève à 12,2 centimes d’euros. Si cette barrière venait à être levée, les modèles économiques et les stratégies bancaires liées aux moyens de paiement seraient amenés à évoluer dans leur ensemble…