Depuis environ une dizaine d’années, les marchés des matières premières sont devenus une classe d’actifs à part entière, au même titre que les actions ou les obligations. En effet, les investisseurs étant constamment à la recherche de diversification, ils ont trouvé dans les marchés des matières premières une nouvelle source de performances et de décorrélation. En outre, compte tenu du fait que ces ressources sont limitées et que la population est en hausse constante, leur disponibilité risque d’être de plus en plus limitée, ce qui entraîne une augmentation tendancielle des prix sur le long terme. Cette perspective attire les investisseurs désireux de profiter d’une telle opportunité.
Par exemple, les fonds de pension qui financent les retraites trouvent normal d’investir sur les matières premières pour se couvrir en cas de hausse des prix. En effet si les prix des matières premières agricoles, comme le blé ou le maïs, augmentent à la suite de problèmes climatiques sur une partie du globe, ces fonds bénéficieront de cette hausse et pourront compenser la perte de pouvoir d’achat réel à laquelle devront faire face les bénéficiaires des fonds. De cette manière, les investisseurs se couvrent contre l’inflation dont l’origine est la hausse des matières premières. Le flux d’investissement sur les matières premières est fortement corrélé à la macroéconomie, et aux fondamentaux des sous-jacents.
Deux principaux types d’investisseurs…
Ainsi, des acteurs aussi diversifiés que les fonds souverains, les banques ou les hedge funds ont constitué des équipes d’analystes et de traders afin de tirer profit des marchés des matières premières. Parmi cette diversité, on distingue deux types majeurs d’intervenants : les premiers sont les fonds qui sont uniquement acheteurs, selon une stratégie d’investissement appelée « long only », à l’inverse de l’autre catégorie qui peut prendre des positions aussi bien acheteuses que vendeuses. Les premiers sont principalement les fonds dits indexés ou indiciels (ETF), dont l’objectif est de répliquer les performances d’un panier de matières premières. Ces paniers représentent en fait des indices comme le S&P GSCI ou le CRB Index dont les pondérations sont adaptées en fonction de divers critères, comme les échanges mondiaux par exemple. Ces investisseurs s’exposent soit à un ensemble des matières premières, soit à une famille de matières premières (énergies, métaux précieux, métaux de base ou marchés agricoles) ou alors à une matière première en particulier. Quoi qu’il en soit, ces investisseurs seront uniquement acheteurs.
À l’inverse, d’autres investisseurs prennent des positions directionnelles : en fonction des perspectives haussières ou baissières sur un marché, ils peuvent être aussi bien acheteurs Net que vendeurs Net. Cette gestion est dite « long short ». Ces investisseurs sont beaucoup plus actifs et réactifs que les premiers. Ils essayent de suivre les tendances au plus près ou alors de prendre d’importantes positions à contre-courant du marché.
…pour de nombreux nouveaux produits
En revanche, que ce soit les investisseurs « long only » ou les « long short », ils ne disposent pas de capacités de stockage physique et utilisent uniquement des produits financiers.
Afin de satisfaire ces différents types d’investisseurs, de nombreux nouveaux produits ont vu le jour. Les premiers et les plus nombreux sont basés sur les contrats à terme. Les contrats à terme représentent un engagement à livrer ou à prendre possession du sous-jacent (par exemple un baril de pétrole, des têtes de bétail ou encore des tonnes de maïs). Initialement, ces contrats sont utilisés par les agriculteurs ou les industriels, car ils leur permettent de fixer un prix dans le futur, c’est-à-dire de réaliser une couverture lorsque le prix leur convient. Par exemple, ces contrats permettent à des agriculteurs de vendre leurs récoltes de blé alors même que les graines ne sont pas semées… À l’échéance du contrat, soit le prix est au-dessus du prix fixé dans le passé, alors l’agriculteur aurait pu gagner plus sans se couvrir, ou alors les prix sont en dessous et la couverture de l’agriculteur, et il est gagnant. Les investisseurs achètent ces contrats, sauf qu’à l’échéance ils n’exercent pas ces derniers, et ne prennent donc pas possession du physique, ni ne livrent de physique, mais revendent ces contrats.
Ensuite, des outils utilisés en finance plus « traditionnelle » ont commencé à être développés et adaptés sur les matières premières, notamment les produits optionnels. Ceux-ci fonctionnent de la même manière que pour les actions. Une option d’achat donne le droit d’acheter le sous-jacent comme, par exemple, un contrat à terme sur le
Enfin, sur cette base, un grand nombre de produits utilisant l’association de différents types d’options ont vu le jour suivant les besoins des investisseurs.