Les licences EP au Maroc : des acteurs diversifiés

Créé le

02.03.2018

-

Mis à jour le

06.03.2018

Bank Al-Maghrib a accordé cette année ses cinq premières licences d’EP, à trois acteurs attendus (Wafacash, M2T et Cash Plus) – et deux plus originaux (NAPS et Maymouna services financiers).

Les trois acteurs attendus sont des acteurs du transfert d’argent qui vont étendre leurs services à la bancarisation en offrant à leur clientèle, le plus souvent à faibles revenus, des comptes de paiement :

  • Wafacash, créée en 1991, filiale du Groupe Attijariwafa Bank, est l’acteur historique issu du monde bancaire. C’est le leader établi du marché des transferts d’argent au Maroc. Wafacash a su s’appuyer sur les quelque 2 000 agences du groupe et de filiales sœurs pour distribuer aux particuliers des services financiers aussi variés que du crédit à la consommation, du change manuel, du transfert d’argent national et international et des cartes prépayées. En devenant EP, Wafacash pourra ouvrir en propre des comptes de paiement sur un mode plus digitalisé. Déjà présent au Sénégal, au Cameroun et en Côte d’Ivoire, il est probable que Wafacash exportera dans ces pays le modèle économique et réglementaire développé au Maroc.
  • M2T, filiale du groupe bancaire Banque Populaire, opère notamment le réseau de transfert d’argent Proximo-Tasshilat (acquis fin 2016) et les gestionnaires de transactions électroniques Amanty, Proxicash, AmanPay et Geti. M2T adresse le même segment de clientèle que Wafacash. Il opère depuis plus de dix ans des réseaux de plus de 3 000 points de paiement au Maroc, au Sénégal et en France, et traite déjà plus de 100 millions de transactions par an.
  • Cash Plus, créé en 2004, est, avec son réseau de plus de 1 300 agences, l’exemple qui démontre qu’un acteur non bancaire est capable de se faire une place dans un marché très concurrentiel, soumis à d’exigeantes normes de sécurité et de services. Il est maintenant réglementé.
Parmi les nouvelles licences attribuées se distinguent deux modèles originaux :

  • NAPS, filiale de la société de monétique M2M, est un projet mené depuis 2012, qui a été lancé commercialement fin 2017 et dont l’obtention de la licence d’EP permet de finaliser son offre dans le domaine des services de paiement. Son ambition est, d’un côté, de venir concurrencer l’acteur de Place sur le marché de l’acquisition (le Centre Monétique Interbancaire – CMI)  et, de l’autre, d’apporter des solutions de paiement (carte prépayée adossée à un compte de paiement) pour une population non bancarisée ; avec, sur ces deux aspects, un plan de conquête pour bousculer le marché.
  • Maymouna services financiers, filiale du groupe marocain Saraya holding, présent notamment dans les métiers de la distribution, de l'immobilier et du mobilier, a quant à elle reçu la dernière licence d’EP. C’est une surprise : contrairement aux autres EP, il ne s’agit pas d’une extension d’agrément existant, mais bien d’une nouvelle licence. Très peu d’informations ont été communiquées quant au projet de ce dernier EP, mais saluons l’arrivée d’un acteur non financier dans le domaine des services de paiement… ce qui était l’objectif même de la nouvelle loi bancaire.

À retrouver dans la revue
Banque et Stratégie Nº367