Marquée par la morosité économique et une fracture nord-sud intenable à terme, la zone euro voit sa gouvernance piétiner dans le domaine économique et budgétaire. Le « Paquet » de réformes proposé par la Commission en 2017, à la fois réaliste et ambitieux à terme, voulait ouvrir la voie vers un achèvement de l’euro, mais n’a été suivi que de timides avancées.
Compatibles avec la perspective du Pacte vert européen d’Ursula von der Leyen, nouvelle présidente de la Commission, trois priorités se dessinent aujourd’hui.
Il s’agit, d’abord, de conduire l’Union financière, de pair avec l’achèvement de l’Union bancaire, pour irriguer de financements le système productif de l’ensemble des régions de l’Europe, en répondant aux profils particuliers tant de l’économie numérique que de la transition énergétique.
Ensuite, les bases d’une gouvernance économique plus solide de la zone euro doivent être jetées. La proposition d’instaurer un ministre de l’Économie et des Finances doit être reprise, de même que celle d’un large budget de stabilisation.
Il faut, enfin, redresser l’économie de la zone euro, dont deux pays majeurs, l’Allemagne et l’Italie, sont menacés de récession, au moyen d’une décision forte. Celle-ci consisterait à tripler le volume du Plan d’investissement européen. Une telle démarche, qui fournirait une impulsion décisive, à la hauteur des défis économiques et environnementaux de la zone euro, permettrait de retrouver l’adhésion de nombre de citoyens en proie au doute et tentés par le rejet de l’Europe.