S’il est une leçon que les fonds de pension et leurs responsables ont apprise des récentes crises financières, c’est l’importance cruciale que revêt une gestion des risques digne de ce nom. Elle permet notamment de cerner le risque de marché qui peut connaître des variations brutales. Des actifs habituellement peu volatils peuvent connaître des pics de volatilité, tandis que la nature du risque peut changer radicalement. Durant la crise du crédit qui a éclaté en 2007, les actifs peu volatils sont soudainement devenus des sources de risque majeures et les expositions aux actifs titrisés se sont avéré les principales sources de risque. Les gestionnaires de risques doivent être prêts à toute évolution du degré et de la composition du risque de marché.
Il est important de ne pas laisser le marché déterminer le niveau de risque de l’investisseur. La gestion des risques doit dépasser la simple limitation des décisions actives prises par les gérants de portefeuille. Les gestionnaires de risques doivent aussi veiller à ce que le marché n’entraîne pas le niveau de risque du portefeuille au-delà d’un plafond acceptable.
Bien que les marchés surmontent les crises, il n’est pas toujours possible pour les investisseurs de conserver les positions de long terme désirées quelles que soient les conditions de marché. Comme le notait l’économiste John Maynard Keynes, « le marché peut rester irrationnel plus longtemps que vous ne pouvez rester solvable ».
Rester maître du jeu
Un gérant de portefeuille peut peiner à freiner la croissance du niveau de risque lorsque divers marchés auxquels il fait appel se retrouvent à l’arrêt. Le respect des bonnes pratiques voudrait que les niveaux de risque soient circonscrits de manière proactive, en fonction de seuils de tolérance au risque préétablis. De cette manière, le risque d’être pris au piège est limité et le niveau de risque peut rester compatible avec les responsabilités fiduciaires de l’établissement financier.
Le risque politique revêt une importance croissante. Le niveau d’intervention des gouvernements dans les systèmes financiers à travers le monde est sans précédent. Par exemple, le
Plus de réactivité
Enfin, l’enseignement fondamental est de ne pas attendre la prochaine crise pour se préparer. Les fonds de pensions ne peuvent pas se contenter d’attendre que se profile la prochaine grande crise pour se mettre en ordre de bataille : à ce moment-là, il sera déjà trop tard. Une gestion des risques adéquate est une entreprise onéreuse, qui requiert un investissement de long terme dans des ressources humaines et technologiques et qui génère des coûts significatifs et récurrents. S’il est impossible d’anticiper chaque crise financière, disposer d’une équipe de spécialistes de la gestion des risques et d’une base de données détaillant les positions des portefeuilles et leurs profils de risque permet de réagir rapidement en cas de crise.