Financement

Les ETI ont besoin de 800 milliards sur 5 ans

Créé le

04.10.2013

-

Mis à jour le

14.10.2013

800 milliards d'euros : c'est le montant que les ETI françaises vont devoir lever sur les marchés ou emprunter dans les 5 années à venir, selon une estimation [1] de Standard & Poors. 600 milliards concerneront des refinancements et 200 de nouveaux investissements.

Ces financements auront lieu dans un contexte de désintermédiation : selon cette étude, entre juin 2012 et juin 2013, l'encours net de crédits bancaires aux entreprises françaises s'est contracté de 1 % par rapport à l'année précédente ; sur cette même période, les émissions obligataires et placements privés des entreprises ont augmenté de 4 %. La progression du financement par le marché [2] est plus nette encore si l'on remonte à l'année 2007 : la part de l'obligataire dans l'encours de dette des entreprises françaises, qui était alors de 15 %, est passée à 24 % en 2013. Un chiffre comparable aux 28 % affichés par le Royaume-Uni, mais encore très éloigné des 76 % américains.

Outil obligataire permettant de placer ses titres auprès d'un cercle restreint d'investisseurs, le placement privé a permis en 2012 à 37 entreprises françaises de lever plus de 6 milliards, soit six fois plus qu'en 2011. Elles ont utilisé différentes versions du placement privé : les traditionnels USPP américains et Schuldschein allemands, mais aussi l'Euro PP, inauguré par une émission du Groupe Bonduelle en septembre 2012. Selon les estimations de S&P, « si 10 % seulement des besoins des entreprises de taille intermédiaire françaises étaient financés à travers ce marché, cela représenterait un montant annuel de 16 milliards d'euros ».

L'agence a également évalué la qualité de crédit de 28 ETI, sur la base d'informations publiques : plus de 60 % se situent dans le haut de la nouvelle échelle de l'agence de notation (MM, comme Mid Market). L'occasion de vérifier que les entreprises françaises savent sortir de l'Hexagone : près de 65 % opèrent sur plus d'un continent. De plus, l'agence note que « certaines ont une présence relativement forte dans les secteurs à forte croissance par rapport aux grandes entreprises. Cependant, une grande partie reste concentrée dans des secteurs à faibles marges.  Nombre d'entre elles tendent à compenser la volatilité des profits par des politiques financières prudentes. ».

1 L’étude French Mid-Market Companies Display Financial Conservatism In Challenging Economic Times part d’un échantillon de 631 entreprises françaises qui publient leur chiffre d’affaires et dont le chiffre d’affaires se situe entre 100 millions et 1,5 milliard d'euros. 2 Sur le financement obligataire des entreprises, voir dossier « Financement obligataire – Les entreprises peuvent-elles se passer de taux bas? », Revue Banque n°764, octobre 2013, p. 22.

À retrouver dans la revue
Banque et Stratégie Nº318
Notes :
1 L’étude French Mid-Market Companies Display Financial Conservatism In Challenging Economic Times part d’un échantillon de 631 entreprises françaises qui publient leur chiffre d’affaires et dont le chiffre d’affaires se situe entre 100 millions et 1,5 milliard d'euros.
2 Sur le financement obligataire des entreprises, voir dossier « Financement obligataire – Les entreprises peuvent-elles se passer de taux bas? », Revue Banque n°764, octobre 2013, p. 22.