Comment définir les classes virtuelles ?
Une classe virtuelle constitue effectivement une classe, mais à distance : un animateur se trouve dans une salle (ou chez lui) et les participants se connectent, via Internet, à un outil très simple de Web conférence. Chacun est derrière son poste de travail et suit un visuel d’animation sur lequel il peut interagir.
La session dure au maximum 1 h 30 avec un nombre de participants limité à 10 (et idéalement plutôt entre 6 et 8), ce qui permet une concentration maximale.
Compte tenu de ces caractéristiques, la classe virtuelle se prête plus particulièrement à des formations opérationnelles, pour transformer des savoirs en savoir-faire. Les séances en présentiel peuvent porter sur des thématiques et leurs approfondissements théoriques, alors que les classes virtuelles feront un focus sur un aspect opérationnel de ces thématiques.
Faut-il mettre en œuvre des moyens techniques particuliers ?
Chaque poste de travail doit simplement être équipé d’un accès Internet, d’un téléphone et si possible d’un casque audio. Dans la solution que nous proposons, un prestataire technique effectue, quelques jours avant la session, des tests techniques pour vérifier les accès et les connexions L’outil de Web conférence est d’ailleurs choisi en fonction de l’environnement technique du client. En outre, un technicien est présent durant toute la séance.
Les webcams, qui permettent de voir et d'être vu, sont une option. En recommandez-vous l’usage ?
Cela dépend de la perception des formateurs et des utilisateurs, mais voir les participants n’apporte pas forcément un « plus » pédagogique, d’autant que ces derniers peuvent être intimidés de se savoir vus.
Comment animer une classe virtuelle ?
Cela requiert une démarche un peu particulière. Le formateur doit au préalable définir clairement les messages opérationnels clés à transmettre aux apprenants. Il faut également préparer le support de cours de façon différente du présentiel, plus centré sur les savoir-faire avec des éléments interactifs, comme des quizz ou des exercices, directement réalisables sur le poste de travail. Le support d’animation doit donc être très vivant : un slide ne peut pas rester plus de 3 minutes à l’écran sans être accompagné d’un commentaire ou corrigé – ce que l’animateur peut faire via une tablette avec un stylet qu’il utilise durant la classe.
Ensuite, la posture du formateur, seul derrière son écran, est différente de celle adoptée face à une classe. Si le dispositif n’intègre pas de webcam, il doit apprendre à travailler uniquement avec la voix des participants. Pour conserver l’attention des apprenants, il faut les solliciter en permanence.
Nous veillons donc à former nos formateurs à ce type d’animation : ils participent dans un premier temps en tant qu’observateurs à une session de 2 à 3 heures. Avant de lancer leur première intervention, nous la testons en grandeur nature en jouant le rôle des apprenants et en essayant de pousser le formateur dans ses retranchements.
Sur quelles thématiques déclinez-vous aujourd’hui les classes virtuelles ?
Nous proposons des modules sur le SEPA, la loi de finance, la fraude, la gestion de patrimoine, l’assurance vie, la relation commerciale, la formation de tuteurs, c’est-à-dire des thématiques de technique bancaire ou d’actualité, avec un tronc commun pour l’ensemble des acteurs de la profession qui permet de construire un support qui pourra être partagé. En fonction du sujet, il faut cependant souvent sélectionner un angle précis : il est par exemple impossible de faire défiler toutes les implications de la loi de finance et nous essayons d’identifier les points qui sont les plus opérationnels dans les métiers concernés. Sur le SEPA, nous avons des modules sur la gestion des mandats, les virements ou encore un kit d’information destiné aux commerciaux et aux personnes du front-office qui répondent aux interrogations des clients. Nous déclinons aussi des thématiques en fonction du type de clientèle, particulier ou entreprise.
Quels sont les avantages des classes virtuelles, notamment par rapport aux autres modes de formation ?
Même si les classes virtuelles réunissent moins de monde que l’e-learning et le présentiel, elles ne nécessitent pas de déplacement et proposent des modules d’enseignement plus courts mais aussi plus concentrés, ce qui permet d’optimiser le temps consacré à la formation. Les participants repartent avec un acquis rapidement applicable sur le terrain.
En outre, ces formations peuvent s’organiser rapidement. Nous l’avons constaté sur le module organisé sur le SEPA : la commande a été passée en septembre ; le module était prêt à mi-octobre et nous avons réalisé 130 formations en 3 mois.
En outre, nous mettons à la disposition des responsables de formation, un portail ad hoc où ils peuvent gérer et suivre en ligne les inscriptions des participants, l’évaluation de la session par ces derniers, à laquelle ceux-ci doivent répondre pour pouvoir disposer du kit de formation qui développe plus largement certains concepts évoqués pendant la « classe ».
Quels sont les principaux éléments qui ressortent des évaluations transmises par les participants ?
Les apprenants ont tout d’abord apprécié de pouvoir échanger avec leurs pairs, ainsi que l’interactivité des sessions. Ils ont l’impression d’avoir appris des éléments opérationnels et acquis de nouveaux savoir-faire.
Le deuxième retour concerne l’expertise des formateurs : les apprenants soulignent l’intérêt d’avoir accès à un expert en direct. Paradoxalement, l’interaction est plus forte dans un cours à distance entre les participants et avec le formateur ; ce format d’un petit groupe réuni « à distance » engendre moins d’inhibitions et plus de liberté de parole.
Quels sont les points qui pourraient être améliorés ?
Il nous faut suivre les évolutions technologiques pour adapter progressivement notre outil, mais nous devons tenir compte des contraintes existantes du secteur bancaire, avec des pare-feu qui nous empêchent parfois de passer par une technologie très sophistiquée.
Nous devons aussi renforcer l’ingénierie pédagogique proposée à nos clients, en leur proposant des plans de formation qui combinent différents modes d’apprentissage : des séances en présentiel, des classes virtuelles, ou encore des modules d’e-learning. Ainsi nous proposons des modules « Capacité assurance », qui incluent une journée présentielle, deux classes virtuelles, un module en e-learning ainsi qu’un tutorat téléphonique. Pour un autre client potentiel qui souhaite tester tous ses collaborateurs sur une thématique juridique, nous avons proposé d’organiser les diagnostics en amont (tests de positionnement) et de trouver la modalité la plus pertinente pour chaque salarié en fonction de son gap de connaissances à rattraper.
Quelle est la demande de la part des établissements pour des classes virtuelles ?
Nos clients cherchent essentiellement des formations courtes, si possible sans déplacement, opérationnelles et accompagnées. Les modules d’e-learning ont à cet égard certaines limites, notamment dues au manque d’accompagnement. Un certain nombre de nos clients ont entendu parler des classes virtuelles et, même s’ils n’en connaissent pas bien les modalités pédagogiques précises, ont l’impression que cela répond à leurs besoins et nous interrogent à ce sujet. Leurs demandes concernent des sujets assez pointus et portent plutôt sur des cycles « intra-entreprise ». Pour la BPCE, groupe bancaire qui a déjà une véritable stratégie en matière de classes virtuelles, nous avons construit un programme partagé avec une trentaine d’établissements du groupe : les échanges entre pairs, avec la même philosophie d’entreprise, ont notamment été appréciés.
Ce type de formation est-il plus cher que les séances en présentiel ?
Il est difficile de comparer les prix des formations en présentiel et en classe virtuelle, chacune répondant à des objectifs d’enseignement différents et sur des formats spécifiques : modules courts sur des groupes restreints d’apprenants, sans coûts associés de transport, versus des modules plus longs (matinée) avec un public plus nombreux (groupes de trente personnes environ). De même, l’e-learning coûte très cher en termes d’investissements, mais peut être dispensé auprès d’un large nombre de participants. Les clients ne font pas ce type de comparaison, car ils comprennent qu’il s’agit d’un schéma économique particulier.