La MIF a bouleversé le métier des brokers en leur imposant une obligation de best execution. « Cette contrainte implique d’exécuter un ordre dans les meilleures conditions possibles pour le client », explique Emmanuel de Fournoux, directeur infrastructures de place et réglementation prudentielle de l’AMAFI (Association française des marchés financiers). La liste des critères imposés par la MIF étant longue (prix, rapidité, fiabilité…), les brokers bénéficient d’une certaine souplesse dans l’application de cette meilleure exécution. Ainsi, ceux qui n’ont pas les moyens de se connecter à toutes les plates-formes (marché historique + les MTF) peuvent passer la totalité de leurs ordres sur le marché historique en expliquant que ce marché est le plus fiable et le plus transparent. De nombreux brokers de petite ou moyenne taille ont longtemps été bloqués dans cette situation, à la merci de Nyse-Euronext. Mais l’arrivée d’Equiduct change la donne puisque cette nouvelle plate-forme permet aux brokers de garantir la best execution (voir l’encadré).
D’autres raisons ont pu maintenir des brokers captifs de Nyse-Euronext. Par exemple, ceux qui traitent des ordres émanant de particuliers n’avaient pas intérêt, avant l’arrivée d’Equiduct, à profiter des cours (parfois plus bas) proposés sur les MTF. En effet, comme l'explique Étienne Fauveau, directeur commercial de Pro Capital, « la plupart des particuliers émettent des ordres de petite taille qui, s’ils sont exécutés sur des MTF, génèrent des frais de compensation et de règlement-livraison trop importants ».