Normes prudentielles

Les banques suisses forcées de revoir leur business model ?

Créé le

11.10.2010

-

Mis à jour le

05.03.2014

Alors que les grandes banques mondiales sont suspendues aux décisions du Comité de Bâle et du Conseil de stabilité financière, UBS et Crédit Suisse sont, elles, déjà fixées sur leur sort en termes de régulation prudentielle contre le risque systémique. La banque centrale et le régulateur des marchés suisses se sont prononcés en faveur de règles très contraignantes sur les fonds propres de ces SIFI (systematically important financial institutions). Ils réclament ainsi aux deux banques un ratio de fonds propres durs de 10 %, soit trois points de plus que les recommandations générales de Bâle III, et un ratio de capital global de 19 % (contre 10,5 % pour Bâle III). Ces 9 points supplémentaires pourraient être obtenus avec des capitaux hybrides, à l’instar des « CoCos », obligations à conversion obligatoire déclenchée lorsque le ratio de fonds propres réglementaires tombe sous un certain seuil.

Le Crédit Suisse se veut plutôt optimiste suite à ces décisions et déclare s’être préparé depuis 2 ans, en définissant une « stratégie orientée clientèle et efficiente en termes de capital en tenant compte des durcissements réglementaires à venir ». Il compte respecter ses contraintes sans augmentation de capital ni changement de sa politique de dividendes. Il se voit également bien placé pour émettre des « CoCos ».

UBS est moins positif sur l’impact de ces mesures, expliquant qu’il pourra satisfaire les nouvelles exigences dans les temps, mais à condition de ne pas distribuer de dividendes pour quelques années encore. La banque, sauvée il y a deux ans, doit aussi revoir son exposition à la titrisation et envisage d’accroître le recours aux chambres de compensation. Surtout, UBS doute beaucoup de pouvoir émettre des « CoCos » à court terme, outil pour lequel il n’existe pour l’instant pas de marché, comme le rappelle son directeur financier. Elle prévoit donc de devoir satisfaire ces contraintes avec des fonds propres de base.

À retrouver dans la revue
Banque et Stratégie Nº285