Financement d’infrastructure dans l’énergie

Les banques de plus en plus sélectives

Créé le

06.10.2011

-

Mis à jour le

11.10.2011

Les besoins en financements d’infrastructure seront nombreux dans les prochaines années, notamment dans le secteur énergétique, pour faire face à une demande croissante et réduire les émissions de CO2. Selon les données reprises dans une étude récente de KPMG [1] , l’AIE (Agence internationale de l’énergie) chiffre à 1 900 milliards d’euros les investissements nécessaires dans le secteur énergétique européen au cours des 25 prochaines années. Seul problème : les ressources des États se sont dramatiquement réduites et les banques, compte tenu de leurs contraintes réglementaires, notamment issues de Bâle III, vont se montrer de plus en plus exigeantes pour s’engager, surtout à long terme.

L’étude de KMPG apporte des premiers éléments de solution : si elle précise que la contribution attendue en matière de financement bancaire dans le secteur énergétique devrait atteindre 60 % des capitaux requis, elle détaille également les critères de sélection mis en avant par les banques. Ces dernières privilégient :

  • le secteur des énergies renouvelables à fort potentiel de croissance, en particulier les projets éoliens et solaires photovoltaïques ;
  • les financements de projets supérieurs à 50 millions d’euros ;
  • les projets de transport et de distribution, plutôt que la construction de nouvelles infrastructures de production, avec une rémunération réglementée et basée sur la valeur des actifs.
De manière générale, les banques accueillent favorablement tout mécanisme susceptible de réduire ou mieux maîtriser leur risque, ainsi l’engagement des gouvernements pour assurer un cadre réglementaire stable et cohérent, par exemple :

  • les projets qui s’appuient sur des contrats d’achat d’énergie à long terme (Power Purchase Agreement – PPA) ;
  • dans le domaine des énergies renouvelables, elles préfèrent le dispositif de tarif de rachat réglementé (Feed-In Tariff – FIT) aux systèmes de certificats verts (fondé sur les prix de marché) ;
  • le recours aux contrats de construction clés en main sécurisés (EPC contracts [2] ), etc.
En tout état de cause, note encore KPMG, les contraintes réglementaires nouvelles imposées aux banques pourraient déboucher sur une hausse du coût du capital.

1 Entre le dernier trimestre 2010 et le premier trimestre 2011, KPMG a mené des entretiens individuels auprès de cadres dirigeants des principales banques en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique, sélectionnées parmi les établissements ayant réalisé les 30 transactions financières les plus importantes en 2010. Voir « Power sector development in Europe – Lenders’ perspectives 2011 » sur le site www.kmpg.com. 2 « Engineer, Procure and Construct » : le fournisseur de services assure l'ingénierie, l'approvisionnement et la construction.

À retrouver dans la revue
Banque et Stratégie Nº296
Notes :
1 Entre le dernier trimestre 2010 et le premier trimestre 2011, KPMG a mené des entretiens individuels auprès de cadres dirigeants des principales banques en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique, sélectionnées parmi les établissements ayant réalisé les 30 transactions financières les plus importantes en 2010. Voir « Power sector development in Europe – Lenders’ perspectives 2011 » sur le site www.kmpg.com.
2 « Engineer, Procure and Construct » : le fournisseur de services assure l'ingénierie, l'approvisionnement et la construction.