Internationalisation des banques de détail : le bilan 2010

Créé le

08.04.2011

-

Mis à jour le

13.04.2011

L’écart se creuse entre les banques qui ont pris tôt le virage de l’international et les autres. Parmi les pionnières, parties dès le milieu des années 1990, le cabinet Selenium Consulting identifie Citi Group, HSBC, BNP Paribas, Santander et Société Générale. D’autres ont du retard, comme Crédit Agricole, Unicredit, Intesa Sanpaolo ou RBS. « Or cette dimension internationale est indispensable, estime Bruno Establet, associé au sein de Selenium. Ainsi, on constate que le plan stratégique du Crédit Agricole a été peu apprécié par les marchés, notamment en raison d’un volet international ressenti comme faiblement ambitieux. »

C’est en dehors des pays dits « développés » que les leviers de croissance pour les établissements sont les plus alléchants.

Dans les pays d’Europe centrale et orientale, le degré d’ouverture aux banques étrangères est élevé. En Croatie par exemple, 80 % des guichets sont contrôlés par des banques étrangères. Mais la locomotive de la zone est la Pologne où plusieurs projets de privatisation de banques font saliver les acteurs étrangers.

Dans les pays du Proche et Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, le potentiel de bancarisation est important, surtout en Turquie et au Maroc et, dans une moindre mesure, en Égypte. Toutefois, l’incertitude politique refroidit les candidats.

Parmi les BRIC, le Brésil est le pays le plus attractif. Santander y est en très bonne position. Bien sûr, l’Inde et la Chine font envie, mais l’entrée des acteurs étrangers y est freinée. Quant à la Russie, elle demeure fragilisée par la crise.

Sur les marchés les plus intéressants, les acteurs à vendre coûtent aujourd’hui très cher. Les groupes étrangers qui veulent s’y implanter sont souvent rebutés par les niveaux de valorisation. « Il ne faut donc pas s’interdire d’autres voies de développement, comme l’Internet banking, le crédit  à la consommation ou encore des modèles de franchises, suggère Bruno Establet. Une autre option pour les banques étrangères est de se positionner uniquement comme producteur et nouer des partenariats pour la distribution. »

À retrouver dans la revue
Banque et Stratégie Nº291