Prim’finance

L’innovation appliquée à la gestion d’actifs

Créé le

22.11.2010

-

Mis à jour le

04.01.2011

Depuis un peu plus d’un an, OFI Asset Management, acteur installé de la gestion d’actifs, a rejoint le géant BNP Paribas Investment Partners au capital de Prim’Finance. Cette jeune société de gestion, née en 2002, a séduit son nouvel actionnaire par sa créativité.

« La gestion en Kappa »… derrière cette curieuse appellation se cache une méthode originale élaborée par une jeune société de gestion, Prim’Finance. Son objectif est poursuivi par nombre de ses pairs : profiter des hausses des marchés financiers tout en évitant les baisses. « C’est dans la façon d’y parvenir que Prim’Finance se distingue », précise Philippe Maupas, dirigeant de la société d’analyse de fonds Quantalys. Et son processus innovant est efficace puisque le premier véhicule géré en Kappa, investi sur des indices actions, a très bien résisté à la dégringolade des marchés en 2008 (voir le graphique). Puis il a profité de la reprise de 2009.

Ce mécanisme de gestion est né de l’imagination et de l’expérience des fondateurs de Prim’Finance : Médéric de Vasselot, Benjamin Louvet et Xavier Le Blan. Les deux premiers se sont connus chez BNP Paribas Asset Management (AM) – devenu BNP Paribas Investment Partners (IP). Ils décident en 2002 de se lancer dans une aventure entrepreneuriale, avec un troisième partenaire, Xavier Leblanc, issu de BCapital, la société de Bourse de BNP Paribas.

La jeune pousse utilisant à ses débuts des techniques relevant de la gestion alternative, elle est dans un premier temps baptisée Prim’alternative. Puis elle développe une gestion indicielle, qui n’a donc rien d’alternatif, même si la classe d’actifs suivie est originale (surtout à l’époque, en 2005), puisqu’il s’agit des matières premières. C’est alors que BNP Paribas, par l’intermédiaire de sa filiale AMS Incubation, prend 10 % du capital de la petite entreprise dont le nom change pour Prim’Finance en 2007 avec l’invention de la gestion en Kappa qui, elle non plus, n’est pas alternative.

Derrière cette lettre grecque se trouve une technique originale : dans les phases de hausse de marché, la gestion indicielle (également qualifiée de « passive ») est utilisée, afin de suivre fidèlement cette progression. En phase de baisse, la gestion devient active, s’autorise les positions vendeuses et recourt à la méthode quantitative et systématique (voir l’interview). Cette méthode permet de modéliser le moment où le gérant doit changer de braquet. Une grande partie du succès dépend des critères choisis par Prim’Finance pour passer d’une gestion à l’autre. Le principal critère est la volatilité : quand elle est forte, elle correspond à un marché baissier, donc la gestion doit être active et inversement.

Un processus de gestion novateur

Prim’Finance attribue à cette gestion la lettre Kappa, car les autres lettres grecques (alpha, beta, gama…) étaient déjà utilisées dans le jargon financier et mathématique. Le premier fonds géré selon cette méthode est investi en contrats à terme sur un panier d’indices actions (le CAC40, l’EuroStoxx50, le DAX 30, l’indice de la bourse Suisse le SMI et son équivalent espagnol, l’IBEX) et son benchmark est l’Eurostock 50. Il est baptisé Prim’KappaStocks.

« Les différentes techniques utilisées pour la gestion dite "en Kappa" sont connues depuis longtemps, mais elles sont rarement mises en œuvre en gestion collective sur un sous-jacent simple, comme Prim’Finance sait le faire, commente Philipe Maupas. De plus, cette société sait assembler ces différentes techniques existantes de façon originale. » Toutefois, ce process peut entrer dans la catégorie « gestion flexible ». Elle aussi s’adapte aux différentes configurations de marché, mais elle fait généralement appel à une multitude de classes d’actifs, parmi lesquelles le gérant arbitre.

Lancé en janvier 2007, Prim’KappaStocks démarre avec un million d’euros. Puis un tour de table permet de monter à 10 millions d’euros dont une bonne partie est apportée par OFI AM au travers de ses fonds de multigestion. Cet acteur établi de la gestion d’actifs, qui affiche un encours de 48 milliards d’euros, est alors séduit par les principes de la méthode Kappa. Mais comment le fonds allait-il évoluer ? Début 2007, la gestion indicielle n’est pas utilisée très longtemps puisque très vite, les marchés décrochent et l’EuroStoxx 50 réalise en 2008 – 42,31%. Prim KappaStocks, lui, résiste fortement puisqu’il ne perd que 8,69% en 2008. Cette bonne performance soutient également la comparaison avec l’évolution moyenne des fonds de gestion flexible qui se situe à -25,12% d’après Quantalys qui réunit ces véhicules dans la catégorie « Allocation d’actifs Europe réactive ».

Vers une augmentation de capital

Cet excellent comportement n’échappe pas à Thierry Callault, directeur Général délégué d’OFI Asset Management. « Dès 2008, nous avons décidé de commercialiser ce fonds, au travers de notre multigestion mais également en direct », relate le manager. Alors le nom est transformé pour OFI Prim KappaStocks.

Mais le véhicule allait-il parvenir à prendre la hausse quand le marché allait repartir ? En 2009, il profite largement de la reprise et évolue sensiblement au même rythme que la catégorie « Allocation d’actifs Europe réactive » de Quantalys. C’est ainsi qu’en septembre 2009, OFI AM propose d’entrer au capital de Prim’Finance. « Cette jeune société est extrêmement prometteuse », analyse Thierry Callault. La prise de participation s’élève à 33,34%, ce qui procure au nouvel entrant une minorité de blocage. L’opération se fait à l’occasion d’une augmentation de capital à laquelle BNP Paribas IP participe pour maintenir sa participation au niveau de 10%. Le géant de la gestion d’actifs renouvelle ainsi sa confiance dans cette jeune société. Le reste des parts sociales (56,6%) est détenu par les fondateurs.

Un peu plus d’un an après, début novembre 2010, le bilan est toujours satisfaisant, puisque depuis début 2007, OFI Prim’KappaStocks bat largement l’Euro Stoxx 50 et la catégorie « Allocation d’actifs Europe réactive ».

Mais ce bon bilan sur quatre ans masque une année 2010 décevante. En effet, la gestion en Kappa semble peu convaincante lorsque le marché peine à opter pour une direction claire comme en 2010. C’est donc dans ce domaine que s’orientent actuellement les efforts de recherche de Prim’Finance.







Prim’Finance en chiffres



Nombre de salariés : 7

Encours sous gestion : 115 millions d’euros (apportés par des investisseurs institutionnels et des particuliers)

Nombre de fonds : 5 (OFIPrim'Kappastocks : 45 millions ; 3 fonds matières premières : Prim’kapa agri, Comod’or et Prim’essentiel, 60 millions ; Prim'KappaVol : 5 millions)

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº730