Épargne

L’impact du vieillissement sur les fonds de pension

Créé le

14.11.2018

-

Mis à jour le

27.11.2018

Quelles sont les principales tendances démographiques actuelles ?

Les taux de fertilité dans les pays développés restent constants, mais, à quelques exceptions près, à un niveau inférieur au taux qui assurerait le remplacement des générations. Dans le même temps, l'espérance de vie (à la naissance et à 65 ans et plus) continue à s'améliorer, ce qui conduit à accroître la durée des retraites si l’âge de départ en retraite reste inchangé.

Comment ces évolutions impactent-elles les dispositifs de fonds de pension ?

L'impact du vieillissement de la population varie selon les caractéristiques des dispositifs de retraite, concernant notamment le calcul de la valeur future de l'épargne et de la valeur actuelle des paiements de retraite.

Pour les systèmes de fonds de retraite publics financé en pay-as-you-go [1] , le vieillissement de la population va créer un problème de pérennité qui résulte de l'effet combiné du mode de financement et du versement de prestations définies [2] .

Le principal risque d'une population vieillissante sur les fonds de pension à prestations définies porte sur leur solvabilité, en raison des engagements pris vis-à-vis des cotisants.

Enfin, l'impact d'une population vieillissante sur des fonds de pension à cotisation définie porte sur l'adéquation ; dans un dispositif à cotisation définie, les bénéfices futurs s'ajustent automatiquement aux réalités économiques (âge de la population, croissance).

Quelles sont les solutions possibles pour gérer ces risques ?

Il est essentiel de distinguer entre d'une part les baby-boomers (les cohortes nombreuses nées dans les décennies 1950 et 1960) qui arrivent aujourd'hui à l'âge de la retraite, suivies par des cohortes moins fournies, et d'autre part les progrès en matière d'espérance de vie. Le baby-boom est un phénomène temporel. L'accroissement de l'espérance de vie est une tendance relativement permanente (hormis les effets des guerres ou des épidémies).

Les promesses faites aux baby-boomers, qui partent en ce moment à la retraite, ne peuvent être financées que par l'endettement, des pensions réduites, ou une combinaison des deux.

Les solutions pour gérer l'accroissement de l'espérance de vie, qui se traduit par une augmentation de la durée de retraite par rapport à la période d'épargne, consistent tout d'abord à la prise en compte de ce phénomène (grâce à une modélisation ad hoc et à sa prise en compte dans les tables de mortalité), bien que celle-ci soit rendue plus complexe par les incertitudes sur les progrès futurs de l'espérance de vie ; le risque de longévité est un risque idiosyncratique qui peut typiquement être géré par les marchés financiers.

De façon plus granulaire, d’autres mesures peuvent également être envisagées, notamment :

  • l'ajustement des bénéfices aux nouvelles valeurs des paramètres ;
  • l'introduction d'ajustements automatiques ;
  • le report de l'âge de la retraite. Les options politiques existantes prévoient notamment de lier l'âge légal de départ en retraite aux progrès de l'espérance de vie, en gardant toutefois à l'esprit qu'il existe des différences dans ce domaine en fonction des sous-groupes de population pris en compte. Les interactions entre les modalités des pensions, les filets de sécurité (c’est-à-dire le montant minimum de retraite pour éviter les situations de pauvreté) et le système fiscal peuvent parfois compenser l'impact négatif d'un âge fixe de départ en retraite. Une plus grande flexibilité concernant l'âge auquel les personnes pourront recevoir leur retraite permettrait d'atténuer encore ce facteur négatif ;
  • lier la durée de la période d’épargne à celle de la période de versement des retraites : l’objectif est de maintenir un ratio constant entre les années d’épargne en vue de la retraite et celles passée en retraite ;
  • et bien sûr, épargner sur très longue période.
Il est important de distinguer entre l'amélioration moyenne de l'espérance de vie (tout le monde vit plus longtemps) et les améliorations idiosyncratiques (amélioration différenciée en fonction des groupes de population). Le premier point requiert de relever le montant et la durée des cotisations. Le second est un risque idiosyncratique qui, dans ce cas également, peut être pris en charge par les marchés financiers.

Mais il est souhaitable de mettre en œuvre l'ensemble de ces solutions de façon coordonnée, plutôt que de manière fragmentaire.

 

1 C'est-à-dire sur un mode de répartition : les prestations de retraite courantes sont payées par les contributions courantes.
2 Les engagements de prestations de retraite sont calculés sur la base d’une formule liant les salaires avec le nombre d’années de contribution.
 

 

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº826bis
Notes :
1 C'est-à-dire sur un mode de répartition : les prestations de retraite courantes sont payées par les contributions courantes.
2 Les engagements de prestations de retraite sont calculés sur la base d’une formule liant les salaires avec le nombre d’années de contribution.