EBA et BCE

L’imbroglio européen des superviseurs bancaires

Créé le

18.09.2012

-

Mis à jour le

04.10.2012

En désignant la BCE comme responsable de la surveillance des banques de la zone euro, au détriment de l’EBA, la Commission européenne a fait avant tout preuve de pragmatisme. Certains États non membres de l’Eurozone mais participant à l’EBA, Royaume-Uni en tête, n’auraient probablement jamais accepté un tel renforcement des pouvoirs de l’autorité. Surtout, en pleine crise, la zone euro avait besoin à très court terme d’une institution jouissant d’une grande légitimité. La BCE était toute désignée. Toutefois, pour Jézabel Couppey Soubeyran, de l’Université de Paris 1, « c’est l’EBA que l’on enterre. Depuis leur entrée en fonction en 2011, les autorités de supervision européennes (EBA, ESMA et EOIPA) vivotent. Elles ont fait les frais d’un manque de moyens. Le budget de l’EBA est de l’ordre de 20 millions d’euros, contre 170 pour la seule ACP. » Le rôle de l’EBA a par ailleurs souvent été réduit, dans l’opinion publique, à l’organisation des stress tests… qui ont été incapables de prévoir les crises bancaires irlandaises et espagnoles. « L’EBA et son président n’avaient pas les épaules pour endosser le costume de superviseur européen, regrette un banquier français. Le comité de surveillance de la BCE devra être présidé par une personnalité qui aura la carrure de tenir tête aux États. » Le système de supervision européen bancaire devient aujourd’hui difficilement lisible, entre une BCE responsable des banques de la zone euro, s’appuyant sur des superviseurs nationaux qui doivent simultanément travailler avec l’EBA pour la mise en place du corpus réglementaire.

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Revue Banque Nº752