Après un début d’année hésitant, les actifs du marché français de la gestion collective ont fortement reculé de - 1,9 % en mai, avec une baisse de - 17 milliards d’euros sur un mois. Le total des encours est ramené à son plus bas niveau depuis 11 mois, à 854 milliards d’euros.
En mai, toutes les classes d’actifs ont été concernées par les demandes de rachat des investisseurs. Alors que la tendance ne fait que persister sur les fonds de trésorerie régulière, les fonds « obligations » ont enregistré leur première décollecte mensuelle depuis 14 mois. Également, la famille actions, au sein de laquelle la gestion indicielle semble mieux résister que la gestion active, a connu sa plus importante décollecte depuis septembre 2008. Au global, l’ensemble du marché a enregistré une décollecte de - 7,8 milliards d’euros.
Les taux
Les performances des fonds français ont été fortement pénalisées par la baisse généralisée des marchés d’actifs risqués. Malgré le net recul de l’euro face aux autres devises, qui a permis aux fonds investis en dehors de la zone euro de limiter l’impact marché, l’effet performance fait ressortir une forte perte de près de - 9 milliards d’euros.
L’exposition des banques européennes aux émetteurs grecs, et plus largement aux pays périphériques de la zone euro, a relancé la réticence de ces mêmes établissements à se prêter entre eux. Les dépôts quotidiens auprès de la BCE ont fortement progressé jusqu’à atteindre 350 milliards d’euros début juin, soit un niveau encore jamais atteint depuis le début de la crise. Également, la BCE, lors de son opération de refinancement à long terme, a alloué trois fois plus de liquidité que le mois précédent, pour un nombre de demandeurs aussi en hausse.
En répercussion à l’agitation du marché obligataire, une très large majorité de fonds de trésorerie a réalisé une performance mensuelle inférieure à l’Eonia, les reculs les plus nets ayant été constatés sur les portefeuilles les plus exposés aux établissements bancaires et financiers.
En se portant acquéreur en dernier ressort des dettes publiques et privées de la zone euro, la BCE a grandement participé à la détente des taux des États grec, portugais et irlandais. Seule l’Espagne, dégradée en fin de mois, n’a pu profiter de cette détente (+30 pb sur le taux à 10 ans).
Les actions
Dans ce contexte généralisé de baisse des marchés, une très large majorité de fonds a délivré une performance mensuelle négative. L’encours des fonds actions a enregistré en mai son plus fort recul mensuel depuis février 2009. Une réduction de - 9,6 milliards d’euros, soit près de - 5 % par rapport au mois dernier, porte le niveau d’encours à 187 milliards d’euros, équivalent au niveau de ce début d’année. Face à la gestion active, la gestion passive a bien mieux résisté aux opérations de rachats.
Ce mois de mai aura été difficile pour les gérants d’actifs, il devrait marquer profondément l’année 2010. L’aversion au risque est importante, orientant les allocations sur la liquidité et la performance absolue.