Vision positive

La gestion alternative, un nouvel investissement « refuge »

Créé le

07.11.2011

-

Mis à jour le

21.11.2011

Selon Fabrice Cuchet, la gestion alternative a globalement bien traversé la crise ; elle serait même devenue un investissement refuge aux yeux d’une clientèle constituée de plus en plus d’institutionnels.

L’environnement actuel, incertain et volatil, remet en question les actifs traditionnels, parmi lesquels même les obligations d’État ne remplissent plus leur rôle de « valeur refuge ». La problématique de la dette, d’une part, et le faible niveau des taux, d’autre part, laissent augurer des rendements limités pour les années à venir sur les investissements monétaires et obligataires.

La diversification vers les classes d’actifs moins classiques, comme les marchés émergents ou le crédit, devient alors nécessaire mais insuffisante. En effet, la baisse des taux longs qui avait soutenu leur évolution ces dernières années est derrière nous. Et leur faible corrélation, jusqu’à présent intéressante vis-à-vis des actifs traditionnels, est en hausse continue depuis 2007.

La gestion alternative apparaît ainsi comme une solution adaptée aux nouvelles exigences des investisseurs : elle répond à la demande des investisseurs pour des produits qui soient à la fois flexibles, minimisant les risques de perte et performants. À ce jour, après 4 ans de crise, la gestion alternative remplit ces trois critères.

Une gestion flexible dans un cadre réglementé et stable

Dans le contexte actuel, la flexibilité est un réel atout. Les gérants alternatifs adoptent une gestion dynamique et réactive face aux conditions de marché, par exemple avec un pilotage serré des taux d’investissement [1] des portefeuilles.

Le cadre réglementaire est aussi un point clé. Depuis la crise de 2008, de nombreuses évolutions réglementaires ont été mises en place : Directive AIFM, UCITS IV… Ces évolutions contribuent à une meilleure transparence. Elles sont bénéfiques au développement de la gestion alternative et profitables aux investisseurs. La réglementation est aujourd’hui, plus que jamais, essentielle sur les marchés à partir du moment où elle est stable et visible dans le temps.

Or cela n’est pas toujours le cas. Prenons l’exemple des interdictions sur les ventes à découvert.

Tout d’abord, il faut souligner que l’interdiction des ventes à découvert « à nu », décidée en 2008 suite à la faillite de Lehman, est une bonne chose. En effet, cette pratique qui consiste à vendre un titre sans l’avoir au préalable emprunté, peut entraîner des problèmes de règlement/livraison en chaîne.

Par contre, l’interdiction de toutes les formes de ventes à découvert (qu’elles soient à nu ou pas) sur les valeurs financières, comme ce fut le cas cet été, est d’une efficacité discutable. Seuls cinq pays ont adopté cette mesure : la Grèce début août, puis la France, l’Italie, l’Espagne et la Belgique. On peut alors s’interroger et se demander pourquoi d’autres pays comme l’Allemagne ou le Royaume-Uni n’ont pas souhaité prendre une telle décision. Une des raisons pourrait être la prise en compte de nombreuses études académiques publiées depuis 2008 sur ce sujet, lesquelles ont montré que ces interdictions finissent par être inefficaces et qu’elles impactent négativement la liquidité des titres concernés.

Des risques de perte minimisés

Quel que soit son environnement réglementaire, la gestion alternative cherche en permanence à minimiser les risques de perte.

Une première façon de l’illustrer est de comparer l’évolution des taux américains avec celle de l’ indice HFRI fonds de fonds [2] . On observe alors que le profil de risque moyen (volatilité/rendement) de la gestion alternative est finalement proche du profil obligataire.

Autre point fort, le recours au levier [3] est désormais limité. Il est vrai que certaines stratégies d’arbitrage comme la « Relative Value » [4] affichaient, avant 2008, des taux d’exposition brute pouvant aller jusqu’à 6 à 7 fois [5] . Aujourd’hui, leurs leviers se situent autour de 2,5 fois. Quant aux stratégies long/short,  représentant aujourd’hui près de 30 % de l’industrie des hedge funds, elles affichent un taux d’exposition brute (c'est-à-dire long+short) n’excédant pas en moyenne 1,5 fois. Alors que les banques d’investissement se retrouvent le plus souvent avec des leviers de 15 à 25 fois pour leurs opérations pour compte propre… Finalement, la problématique du levier relève plus des banques que des hedge funds.

Des produits performants

Malgré le contexte incertain, la gestion alternative a démontré sa capacité de résistance. Depuis le début de l’année, l’indice HFRI composite affiche une baisse de 4,7 % (à fin septembre), alors que certains marchés actions ont chuté de plus de 20 %. Ce résultat est conforme aux objectifs des fonds alternatifs, censés dégager une performance à moyen terme alignée sur celle des marchés actions, avec moitié moins de volatilité et des pertes en capital bien plus limitées.

Toutefois, il faut noter que certaines stratégies, comme les actions long/short, affichent des performances médiocres cette année. D’où l’importance de la diversité des stratégies [6] qui constitue un réel atout pour l’industrie de la gestion alternative. Les stratégies CTA par exemple, fortement décorrelées des marchés actions, ont enregistré de bonnes performances, non seulement en 2011 mais aussi au cours des années précédentes. Chez Dexia AM, les fonds de futures affichent en moyenne une hausse entre 6 et 10 % depuis le début de l’année. Le fonds Dexia Global Alpha, lancé fin 2010 et basé sur une stratégie « global macro », affiche quant à lui une performance de plus de 3 % sur 2011.

Qu’en est-il des investisseurs ? Fin juin 2011, les encours sous gestion des hedge funds et fonds de hedge funds s’élèvent à 2 045 milliards de dollars [7] , soit une hausse de 28 % par rapport à fin 2009 et un niveau supérieur à celui de 2007, pré-Lehman. On note aussi une plus grande stabilité dans la base de clientèle avec une part de plus en plus importante d’investisseurs institutionnels long terme, tels que les fonds de pension. L’industrie de la gestion alternative a ainsi acquis une dimension d’investissement « refuge » pour de nombreux investisseurs.

Depuis plus de 15 ans, Dexia AM répond à la demande des investisseurs en matière de gestion alternative, avec une large gamme de plus de 30 fonds dont 22 UCITS, couvrant 17 stratégies différentes. Aujourd’hui, face à un environnement incertain et fortement volatil, 100 % des stratégies chez Dexia AM sont positives sur 3 ans et plus de 50 % sont positives en 2011.

1 Part du portefeuille qui est investie, le reste étant placé en monétaire. 2 Indice reflétant la performance des fonds de hedge funds, c'est-à-dire des fonds de multigestion alternative, constitués de plusieurs stratégies. 3 Levier : endettement d’un fonds afin d’amplifier la performance. 4 La stratégie de « Relative Value » consiste à tirer profit des inefficiences de marché en construisant des positions d’arbitrage. 5 Le levier permet de multiplier par 6 à 7 fois l'exposition du fonds aux différentes positions prises par le gérant. 6 On peut distinguer les stratégies alternatives « tout temps » comme le global macro, les fonds de futures (CTA) et les stratégies alternatives « directionnelles », comme l’Event Driven. 7 Source : HFR.

À retrouver dans la revue
Banque et Stratégie Nº297
Notes :
1 Part du portefeuille qui est investie, le reste étant placé en monétaire.
2 Indice reflétant la performance des fonds de hedge funds, c'est-à-dire des fonds de multigestion alternative, constitués de plusieurs stratégies.
3 Levier : endettement d’un fonds afin d’amplifier la performance.
4 La stratégie de « Relative Value » consiste à tirer profit des inefficiences de marché en construisant des positions d’arbitrage.
5 Le levier permet de multiplier par 6 à 7 fois l'exposition du fonds aux différentes positions prises par le gérant.
6 On peut distinguer les stratégies alternatives « tout temps » comme le global macro, les fonds de futures (CTA) et les stratégies alternatives « directionnelles », comme l’Event Driven.
7 Source : HFR.