Marché du midcap en France

Flécher l'argent vers le financement des PME

Créé le

03.02.2011

-

Mis à jour le

10.02.2011

Plusieurs équipes françaises ont pris récemment leur indépendance vis-à-vis des groupes bancaires qui les détenaient. Forts d'une expérience solide dans leur compartiment de marché, ce sont des acteurs majeurs du capital-investissement français pour les années à venir.

Quelles sont les raisons qui ont poussé NiXEN Partners à prendre son indépendance ?

Le point de départ des changements que nous venons de vivre se situe dans le plan stratégique de Natixis à l’été ​2009, qui prévoyait de se dégager des investissements pour compte propre en private equity, pour se focaliser sur la gestion indirecte, via des fonds de fonds et sur la gestion pour compte de tiers.

La société NiXEN Partners est née du rapprochement de N.I. Partners et iXEN Partners, deux filiales de Natixis Private Equity, qui opéraient déjà sur le même marché, celui du midcap en France. Les équipes avaient déjà collaboré pour des investissements en 2006, 2007 et 2008, et la création de la nouvelle entité a été actée en décembre 2009. Dans le cadre de la cession de ses activités par Natixis, nous avons convaincu AXA Private Equity (fonds de fonds) d’être la bonne équipe, expérimentée et pertinente pour reprendre la gestion des participations existantes.

Quels sont aujourd’hui vos partenaires ?

Nous sommes désormais une équipe indépendante d’investisseurs, qui gère un fonds historique de près de 500 millions d’euros (Nixen I). Nous avons lancé un nouveau fonds, Nixen ​II, pour lequel un premier closing de 100 ​millions d’euros a permis de loger trois nouveaux investissements réalisés début 2010 :

  • La Grande Récré, leader indépendant français de la vente de jeux et jouets, dont nous sommes partenaire unique minoritaire ;
  • Vedici, un groupe de cliniques en fort développement. Nous avons investi dans cette société auprès de 3i et du management ;
  • Ceva, ​une entreprise tournée vers la santé animale, en fort développement, ​notamment par croissance externe. Nous y sommes minoritaires ​et nous les connaissons très bien.
À terme, Nixen II pourrait atteindre une taille comprise entre 300 et 400 ​millions d’euros. Nous sommes actuellement à la recherche d’investisseurs, principalement en France, en Europe et sur le continent nord-américain.

Être une équipe indépendante n’est pas une situation complètement nouvelle, puisque nous n’opérions pas sous le nom de Natixis précédemment. C’est toutefois une condition indispensable pour lever des capitaux auprès d’investisseurs anglo-saxons, qui souhaitent s’assurer du maintien d’une ligne stratégique constante dans le long terme.

L’un des grands paradoxes de ce métier est de constater que nous travaillons avec des fonds que nous confient des investisseurs étrangers ; aujourd’hui, nous sommes dépendants à 70 % de fonds de pension américains ou européens.

Qu’est-​ce qui caractérise votre manière de travailler ?

Notre équipe de seniors est constituée de professionnels de 45/47 ans environ, présents sur le marché depuis une vingtaine d’années. Ils sont, comme leurs interlocuteurs, impliqués dans un projet à caractéristique entrepreneuriale. Nous travaillons avec nos partenaires dans l’idée que nous serons encore là dans 5 ou 7 ans…

Notre qualité d’écoute auprès des chefs d’entreprises que nous épaulons est différenciante : c’est ce qui nous permet de rechercher des solutions pour faire évoluer l’actionnariat ou le capital qui soit adaptées à la situation de croissance de chaque entreprise. Nous sommes à même de calibrer de manière pertinente l’apport de fonds propres majoritaire ou minoritaire, selon le souhait de nos interlocuteurs. C’est ainsi que nous œuvrons à pérenniser le développement des entreprises que nous accompagnons.

Le capital-investissement se recentre aujourd’hui sur son rôle fondamental qui consiste à flécher l’argent vers le financement des PME, et en particulier des ETI. Pour assurer leur développement, ces entreprises ancrées en France doivent être capables de se projeter à l’international. Elles sortent même grandies de la crise récente car elles se sont tournées vers les pays émergents et profitent de leur croissance. Nous avons pour mission de rendre solide l’essor de ces entreprises. Le capital-investissement est le pont naturel entre l’épargne longue et le financement des entreprises.

À retrouver dans la revue
Banque et Stratégie Nº289