Stratégie

La FinTech, un marché dynamique qui offre des opportunités

Créé le

03.06.2019

-

Mis à jour le

17.06.2019

L’innovation technologique dans le domaine des services bancaires mobiles, les paiements numériques et le Big Data apportent des solutions concrètes qui attirent les faveurs des clients. L’objectif de l’investisseur est de tirer profit du succès rencontré par les FinTechs.

La FinTech décrit l'écosystème des entreprises qui utilisent des innovations technologiques pour améliorer les services financiers. Il peut s’agir de sociétés financières ou technologiques existantes continuant de se développer dans ces domaines, ou encore de sociétés créées spécifiquement pour se concentrer sur les technologies financières. Chez AXA IM, nous suivons exclusivement les sociétés cotées, tout en gardant un œil sur les start-up qui pourraient être introduites en Bourse.

Ces dernières années, l’innovation technologique dans les services bancaires mobiles, les paiements numériques et le Big Data nous a fait entrer dans une nouvelle ère et influencent la façon dont nous gérons notre argent au quotidien, et de nombreux aspects de notre vie et de notre travail. La FinTech est devenue l’un des marchés les plus dynamiques au monde.

Pourquoi investir dans la FinTech ?

Acheter via des plateformes de réseaux sociaux, envoyer de l’argent à des amis en chattant sur des applications de messagerie ou effectuer des paiements depuis une voiture équipée de commandes vocales sont désormais une réalité. Les innovations se succèdent, permettant de réaliser des transactions financières sécurisées partout et à toute heure.

Ces innovations ont permis d’augmenter considérablement le nombre de transactions financières. Depuis quelques années, nous constatons une baisse du nombre d’interactions entre les banques pour le grand public, au profit des transactions entre les téléphones mobiles et ces banques via des paiements électroniques, « sans espèces » ou encore cashless.

Cette fulgurante évolution touche de plein fouet les acteurs financiers traditionnels, souvent tributaires d’infrastructures anciennes, permettant aux FinTechs de prendre de plus en plus de place sur des marchés de niche. Le fait par exemple que la valorisation boursière du spécialiste du paiement digital PayPal soit aujourd’hui équivalente aux capitalisations combinées de BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale est révélateur de cet élan.

Les forces du marché opèrent. De nombreuses FinTechs ont un énorme succès, apportant des solutions concrètes aux besoins de leurs clients. Ces entreprises FinTechs offrent ainsi une véritable opportunité d’investissement et un réel potentiel de croissance. De plus, pour nombre d’entre elles, les valorisations restent raisonnables pour le moment, les perspectives de plus-values à moyen et long terme sont donc réelles.

La FinTech n’en est qu’à ses débuts

Les entreprises FinTechs qui sont en mesure d’identifier et de tirer parti des innovations technologiques afin de proposer des prestations novatrices et disruptives n’en sont qu’à leurs débuts. Les investissements pour la mise en place de solutions, telles le mobile banking, les paiements numériques et l’intelligence artificielle, devraient croître rapidement.

En 2017, les investissements mondiaux dans les FinTechs (tirés par les fusions et acquisitions et le capital-risque) ont atteint plus de 18,1 milliards de dollars, soit cinq fois plus que le total atteint quatre ans auparavant. Le financement provient principalement de sociétés de capital-risque, qui ont investi 13,9 milliards d'euros dans 986 transactions en 2016 et 2,2 milliards dans 818 transactions en 2017 (jusqu'au troisième trimestre de 2017) [1] . Depuis, les investissements n’ont cessé de s’intensifier soulignant l'attractivité du domaine à long terme.

De plus, les paiements cashless ont également augmenté rapidement ces dernières années, les consommateurs ayant adopté les nouvelles solutions de technologie financière. Entre 2014 et 2015, le volume mondial des transactions sans espèces a progressé de 11,2 % pour atteindre le chiffre de 433 milliards d'opérations. Un chiffre qui, depuis, a continué d’augmenter. Les paiements électroniques devraient représenter près de 726 milliards de transactions dans le monde d’ici 2020 [2] .

Le secteur de la FinTech devrait continuer d’endosser une hausse exponentielle qu’il faudra réussir à capter.

Des thèmes à privilégier

Le domaine des FinTechs étant assez large, nous nous concentrons sur trois thématiques qui nous semblent porteuses chez AXA IM.

Les leaders innovants

De nombreuses entreprises financières bien établies qui bouleversent ou améliorent le secteur des services financiers en utilisant la technologie pour servir leur vaste clientèle existante. On peut citer des sociétés comme Citigroup ou JP Morgan, qui investissent et collaborent avec des sociétés technologiques, HDFC Bank, une banque digitale indienne leader de son marché, ou encore Fineco, une banque digitale italienne. Nous estimons que ces sociétés devraient capter une part de plus en plus significative des bénéfices générés au cours des prochaines années, principalement aux dépens des sociétés financières qui ont raté le virage du digital, que ce soit par manque de moyens ou simplement du fait d’une inertie stratégique trop importante.

Les entreprises qui facilitent le déploiement de technologies liées à la cybersécurité et aux technologies réglementaires

Il s’agit de sociétés qui fournissent une technologie essentielle qui va venir soutenir et développer la présence numérique des entreprises de technologie financière via divers canaux et dispositifs. Parmi elles, Verisk, un fournisseur de données utilisé par les assurances dommages aux Etats-Unis, ou Palo Alto, société spécialisée dans la sécurité informatique.

La société cashless

Les consommateurs effectuant de plus en plus de paiements numériques dans le monde entier, les solutions de paiement qu’offrent des sociétés telles que Paypal aux Etats-Unis ou Wordline en France deviennent incontournable aussi bien pour les utilisateurs privés que pour les détaillants. Des pays tels que la Chine et l’Inde sont bien évidemment très attractifs et offrent eux aussi de nombreuses possibilités d’investissement.

Où investir ?

Nous avons commencé à analyser le secteur il y a trois ans, mais nous avons identifié une véritable extension de l’univers investissable il y a un an et demi seulement. Nous pouvons ainsi investir dans des sociétés technologiques, mais aussi des sociétés financières qui parviennent, à l’aide des FinTechs, à se développer sur ces problématiques dans le monde entier. Jusqu’à très récemment, il était difficile de construire un portefeuille équilibré en termes de géographies, les sociétés cotées restant presque exclusivement américaines.

Mais, les FinTechs sont désormais présentes sur tous les continents et la diversification géographique de notre stratégie FinTech en est un bon exemple. En effet, même si elle est à ce jour exposée à 53 % en Amérique du Nord, nous sommes à même d’investir 17 % du portefeuille dans des sociétés européennes (hors Royaume-Uni) et 15 % [3] dans les pays émergents, notamment dans des banques locales en mesure d’établir des partenariats porteurs avec des géants technologiques.

Cependant, investir en Europe présente des avantages, même si cette dernière accuse un certain retard en matière de FinTech par rapport aux Etats-Unis, en partie du fait des réglementations en vigueur.

A court terme, le contexte réglementaire en Europe offre certes moins de possibilités de lancer de nouveaux modèles. Mais à long terme, cela pourrait devenir un atout significatif, les entreprises FinTechs européennes n’ayant d’autre choix que de se confronter aux questions de propriété, de protection des données ainsi que d’intelligence artificielle. Ce nouveau savoir-faire pourrait leur donner une avance significative dans ces domaines par rapport à leurs concurrents américains ou asiatiques.

L’effet de rattrapage, couplé à des modèles commerciaux durables et responsables, recèle un fort potentiel et rend le secteur intéressant pour les investisseurs. L’avenir de l’industrie financière ne se trouve pas dans la technologie disruptive, mais dans l’identification des besoins réels des clients et dans la proposition de solutions concrètes et utiles pour ces derniers. C’est ici que les FinTechs entrent en jeu.

La diversification en termes de taille de capitalisation est également possible. Aujourd’hui, notre stratégie est investie dans tous les types de capitalisation, de la petite à la grande, en passant par la moyenne. Ce qui en fait une stratégie diversifiée également en termes de taille de sociétés afin de prévenir les risques.

Etre sélectif dans les valeurs

Pour permettre aux investisseurs de tirer parti de cette grande tendance qu’est la FinTech, la sélection de telles entreprises nécessite une solide expertise et une analyse minutieuse des données fondamentales. Le monde des FinTechs ne pouvant être représenté par un ETF [4] , la gestion active apparaît comme la plus appropriée pour plusieurs raisons : la FinTech n’étant pas un marché « final », il est difficile d’identifier, via des données chiffrées les entreprises qui la promeuvent ; l’analyse fondamentale de l’entreprise est indispensable, l’univers des FinTechs étant plus large que le simple paiement en ligne. En effet, il touche les sociétés de logiciels de sécurité en ligne ou encore les grandes sociétés à dominantes financières telles que les banques et les assurances. L’analyse fondamentale de l’entreprise permet de bien identifier les entreprises qui sont capables de tirer parti de la FinTech. Par exemple, les données des ventes sont attribuées au type de produit et non au canal de distribution (digital versus traditionnel) : un contrat d’assurance auto est classifié comme tel qu’il soit vendu en ligne ou qu’il ait été souscrit auprès d’un agent. Un ETF ne sera pas en mesure de faire la différence.

Par ailleurs, quand la FinTech est utilisée comme outil de compétitivité pour automatiser les process par exemple, cela n’apparaît pas non plus dans les données prises en compte par les ETF.

Dans cet univers qui change rapidement, seule la connaissance des entreprises permet de s’assurer de la « pureté thématique » de la stratégie.

 

1 https://www.capgemini.com/wp-content/uploads/2018/02/world-fintech-report-wftr-2018.pdf.
2 Edition 2017 du rapport mondial sur les paiements réalisés par le cabinet Capgemini et le groupe bancaire BNP Paribas.
3 Chiffres à mai 2019.
4 Exchange Traded Fund: fonds indiciel qui cherche à suivre le plus fidèlement possible l’évolution d’un indice boursier.

À retrouver dans la revue
Banque et Stratégie Nº381
Notes :
1 https://www.capgemini.com/wp-content/uploads/2018/02/world-fintech-report-wftr-2018.pdf.
2 Edition 2017 du rapport mondial sur les paiements réalisés par le cabinet Capgemini et le groupe bancaire BNP Paribas.
3 Chiffres à mai 2019.
4 Exchange Traded Fund: fonds indiciel qui cherche à suivre le plus fidèlement possible l’évolution d’un indice boursier.