Plus de la moitié des banquiers sont des banquières. Et pourtant, plus on monte dans la hiérarchie, moins les femmes sont représentées. Le constat est loin d’être neuf, pas plus qu’il n’est spécifique au secteur bancaire, mais il est pris à bras-le-corps par une cinquantaine de femmes, cadres financières, qui ont très officiellement lancé, le 24 mars, l’association Financi’Elles.
Des outils pour les politiques de mixité
200 femmes – et quelques hommes dont le président du directoire de BPCE et président de la FBF, François Pérol – se sont réunies autour d’un cocktail dans l’hôtel de Pomereu, propriété de la Caisse des Dépôts. Celle-ci est en effet l’un des soutiens de l’association qui fédère les réseaux de femmes de huit entreprises du secteur financier : Axa, Barclays, BPCE, BNP Paribas, Crédit Agricole CIB, HSBC, Société Générale et la Caisse des dépôts, donc, pour un total de 1 500 femmes membres. Laurence Peyraut Bertier (Barclays) et Anne Guillaumat de Blignières (CDC) se partagent par ailleurs la présidence de l’association.
Outre le traditionnel networking entre femmes cadres, Financi’Elles veut fournir aux entreprises associées des outils de gestion de leurs politiques de mixité, notamment un qui met le doigt sur la sous-représentation des femmes aux niveaux hiérarchiques supérieurs, et un autre qui permet de comparer les dispositifs mis en place dans l’entreprise en faveur de la mixité. Par ailleurs, un baromètre de confiance des femmes cadres sera publié d’ici la fin 2011.
« Rendre son âme à la finance »
Pour parvenir à leurs fins, les membres de Financi’Elles auront un allié de taille entre 2011 et 2017 : la loi. En effet, un texte législatif proposé par Jean-François Copé et Marie-Jo Zimmermann a été adopté en janvier, obligeant les entreprises cotées à réserver au moins 20 % des postes d’administrateur aux femmes d’ici 3 ans, et 40 % d’ici 6 ans. Les patrons de banques ne peuvent, dès lors, que soutenir de telles initiatives en faveur de la mixité, d’autant qu’elle serait favorable aux affaires. Après tout, plus de la moitié des clients des institutions financières sont des clientes, comme le rappelaient en chœur Henri de Castries (Axa) et Pascal Roché (Barclays France).
Pour la ministre Christine Lagarde, les raisons d’être d’un tel mouvement sont même d’ordre métaphysique, les femmes pouvant contribuer à « rendre son âme à la finance » suite à la crise, comme elle l’a exprimé dans son discours de parrainage de Financi’Elles. Discours d’ailleurs directement inspiré de celui donné à une conférence des banquiers arabes et francophones, le 4 mars denier, qu’elle concluait par une même citation de Paul Valéry : « Mettons en commun ce que nous avons de meilleur et enrichissons-nous de nos différences. » Mixité, diversité : un même champ de bataille sur lequel des résultats concrets sont attendus de pied ferme.
En savoir plus : le site de Financi'Elles