Financement de l’économie

« Le financement des PME doit passer par l’épargne réglementée et l’assurance vie »

Créé le

07.01.2011

-

Mis à jour le

01.02.2011

Les PME ne comptent pas uniquement sur les banques pour financer leurs besoins : livret A, LDD, PEL, dispositif ISF PME, sont autant de vecteur à étudier pour concilier épargne longue et financement des PME.

Quelles sont vos pistes pour diversifier les sources de financement des PME ?

Sur les 24 derniers mois, on peut distinguer deux grands moments :

  • la période septembre 2008-septembre 2009, pendant laquelle les relations se sont tendues et où les PME ont souffert. C’est la prise de conscience que nous sommes dans la crise et qu’elle va durer. Chacun va essayer de « sauver ses meubles » avec ce sentiment qu’il faut moderniser institutionnellement l’économie et jeter les bases de nouvelles règles financières partagées ;
  • dans l’année qui a suivi, un travail commun a été mené entre la FBF et la CGPME en particulier. Il a permis de concrétiser les propositions du chef de l’État avec des avancées concrètes comme une réponse sous 15 ​jours aux demandes de crédit, le renforcement du rôle des chargés de clientèle entreprises, dans un esprit de dialogue et de transparence.
Aujourd’hui, la période est porteuse d’espoir d’une relance timide. L’enjeu majeur concerne les TPE.·Au-delà des discours institutionnels, les personnels de certaines agences restent encore frileux : ils craignent le préjudice d'une faillite.

Les banques doivent valoriser leur métier premier de prêteur. Sans doute, pour les en convaincre, les chefs d’entreprise doivent-ils apprendre à mieux communiquer sur leurs projets, leurs résultats et leurs besoins réels de financement. Mais pour cela, encore faut-​il que la relation ne soit pas léonine. On imagine mal un dialogue se faire lorsque votre interlocuteur pense : « Tout ce que vous allez me dire pourra, demain, se retourner contre vous ! ».

Quelles sont vos pistes de réflexion sur le financement des PME ?

Je suis convaincu que le financement des PME doit passer par l’épargne réglementée et l’assurance vie. Pour cela, la plus grande transparence est nécessaire dans la destination des fonds et la distribution des fonds. Malheureusement, nous manquons aujourd’hui cruellement de retours statistiques pour obtenir une photographie précise.

Et pour que les opérateurs distribuent le Livret ​A ou le Livret de développement durable, ils doivent être correctement rémunérés. La dynamique de la collecte et donc l’augmentation des encours passent par un taux justement rémunérateur pour les banques.

Enfin, pour éviter toute mauvaise publicité, il faut supprimer les fléchages non pertinents, je pense au photovoltaïque par exemple. L’innovation, aujourd’hui, ne peut se contenter d’être technologique, elle doit aussi être socialement responsable. Je suis un fervent défenseur de la création d’un produit dont l’encours serait à destination des créateurs d’emplois.

Si nous prenons l’exemple du Livret A, n’opposons pas le financement du logement social et celui des PME. Le logement social donne directement et indirectement du travail aux PME, pour toutes les missions de construction, d’entretien, de gardiennage… Ce marché est évalué à 12 ​milliards d’euros. En revanche, geler des fonds destinés aux PME pour le logement social serait une grave erreur.

Il est temps aussi de réfléchir à une nouvelle formule de Plan épargne logement (PEL) qu’on pourrait relooker en le fléchant sur des activités de responsabilité sociétale. En l’état actuel, c’est un produit qui s’essouffle. Pourquoi ne pas flécher l'épargne placée sur ce nouveau PEL vers les PME, la reprise d’entreprise, la création d’emplois des jeunes et des seniors ?

Comment inciter les particuliers à investir dans le capital des PME ?

Les dispositifs ISF PME doivent être maintenus, clarifiés et renforcés. Sans créer des cadres trop rigides, qui tuent les idées, on pourrait imaginer des conventions ou des initiatives de parrainage bancaire. La banque doit rester un élément de garantie crédible et pertinent. Elle a un rôle de conseil à jouer, auprès des particuliers, pour développer des formes de Business Angels associatifs et faciliter l’approche de l’investissement directe dans les PME.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº733