L’économie sociale et solidaire emploie 9,8 % des salariés en France, soit 2,1 millions de personnes. Le secteur associatif représente à lui seul 75 % de ces emplois et 3 à 4 % du PIB. La dynamique de création d’emploi dans ce secteur est importante, soit, ces 10 dernières années, un taux moyen de progression deux fois supérieur à celui du reste de l’économie.
Une récente étude menée par la Chambre régionale de l’économie sociale de Lorraine montrait que, dans le secteur associatif, 46 % des ressources étaient de nature « privée » (vente de biens et services, cotisations, tiers payants) et 54 % de nature publique (État, Europe, collectivités territoriales). Les associations pratiquent donc fortement l’« hybridation » des ressources.
Les entreprises solidaires s’emparent des secteurs économiques porteurs d’utilité sociale
La part occupée par les entreprises solidaires au sein du secteur de l’économie sociale et solidaire reste difficile à caractériser, mais différents secteurs économiques fortement porteurs d’utilité sociale sont largement investis par ces entreprises. Au titre de leur action dans ces secteurs, les entreprises solidaires apparaissent comme des piliers indispensables au maintien de la cohésion sociale en France.
- Le secteur de l’insertion par l’activité économique comprend 5 300 entreprises, qui emploient chaque année 88 000 personnes en difficulté d’insertion professionnelle.
- Pour ce qui est de l’emploi des personnes handicapées, il existe 600 entreprises adaptées, employant 20 000 personnes, parmi lesquelles 80 % sont handicapées. 1 400 établissements spécialisés d’aide par le travail (ESAT) permettent par ailleurs à 105 000 personnes handicapées de travailler dans un cadre et à un rythme adapté à leur situation.
- Près de 5 000 associations de services à domicile emploient 235 000 salariés, principalement dans le domaine de l’aide aux personnes âgées ou handicapées et aux familles, mais aussi dans celui de la petite enfance, où le concept de crèche familiale connaît un succès grandissant.
- L’éducation sportive et culturelle pour les jeunes et les moins jeunes, est portée par 30 000 associations d’éducation populaire et plus de 200 000 associations culturelles. Quelle famille ne bénéficie pas des services d’une association, prenant en charge pour un coût très raisonnable la pratique sportive, musicale, ou l’organisation de classes de découverte pour ses enfants ?
- L’hébergement des personnes âgées dépendantes à faible revenu, est principalement porté, au côté des établissements publics, par le secteur associatif, qui gère 1 600 maisons de retraite (EPAHD) dont les coûts de fonctionnement, parmi les plus faibles du marché, permettent notamment de recevoir les personnes âgées à très faible revenu, et un nombre important de bénéficiaires de l’aide sociale. Ces associations emploient 63 000 salariés et hébergent plus de 100 000 personnes âgées dépendantes.
- Les associations de tourisme social gèrent 1 200 équipements touristiques, génèrent 12 000 emplois (équivalent temps plein) et proposent chaque année 40 millions de nuitées à des tarifs inférieurs de 30 % en moyenne à ceux des opérateurs de tourisme du secteur lucratif, à offre de
service équivalente .[1] - L’accompagnement et le financement de la création d’entreprise sont portés en France par des réseaux associatifs (Boutiques de Gestion, ADIE, France Initiative, France Active, etc.) accompagnent et financent annuellement près de 30 000 créations d’entreprises, mobilisant pour cela financements publics et privés (entreprises et banques).
- le commerce équitable constitue un mouvement très dynamique, dont l’objectif premier est de partager équitablement la valeur ajoutée avec le producteur et de permettre à celui-ci de travailler dans des conditions décentes ;
- la préservation de l’environnement : démantèlement des produits électroniques en fin de vie (réseau ENVIE), tri et recyclage des textiles (Emmaus et Le Relais), gestion ou préservation d’espaces naturels intégrant un souci de valorisation touristique et culturelle, production agricole biologique alliée à l’insertion de personnes en difficulté (jardins de Cocagne) ;
- l’accès à un logement décent à loyer compatible avec leurs ressources pour des personnes en situation précaire ou à très faible revenu (Habitat et humanisme, FAPIL, Pact Arim, Habitat et développement…) ;
- mais aussi le transport individualisé de personnes âgées (Vilcena), l’accès des malentendants aux services administratifs (Websourd), etc.