La fibre RH

Créé le

18.04.2016

-

Mis à jour le

28.06.2016

Le CESB comme tremplin ?

LCL [1] proposait un cursus d'embauche différenciée, consistant à prévoir d’emblée une inscription des nouvelles recrues, au bout de deux ans, au cycle de formation du CESB (Centre d’étude supérieure de banque). C’était pour moi l'occasion de poursuivre des études tout en entrant dans la vie active. Et j'ai été diplômé du CESB en 1992.

Un accélérateur de carrière ?

En 2006, sur proposition de ma hiérarchie, j’ai été l’un des premiers collaborateurs à suivre le parcours « Directeur » du Crédit Agricole, groupe auquel appartient LCL. En fait, il s’agissait d’un parcours de cadre dirigeant, articulé en plusieurs épreuves sur 18 mois, que j'ai réussi en 2007.

Au-delà de la validation d'un profil dirigeant, cette démarche était très pédagogique, car elle vous apprend à mieux connaître vos forces et vos points d'amélioration, et surtout l'image que vous renvoyez, qui est souvent en décalage avec celle que vous pensez donner. C'est une prise de conscience intéressante.

Premières expériences de terrain ?

J'ai été initialement recruté comme chargé d'affaires professionnel dans les Yvelines, puis j’ai évolué vers le marché de l'entreprise, sur différents postes notamment en province, avant de m’orienter vers un parcours plutôt managérial, toujours en réseau.

Puis les ressources humaines…

Ma première expérience dans les RH a débuté en 2000 et a duré 5 ans. Je m'occupais des jeunes dits « à haut potentiel », notamment de ceux qui suivaient le CESB, ce qui créait évidemment une résonance ! Mais je suis retourné ensuite sur le terrain en tant que directeur régional de l'Essonne, avec un réseau de 48 agences et 380 collaborateurs à gérer. Une grande expérience !

Pourtant, lorsque j’ai quitté mon premier poste dans les RH pour prendre celui-ci en 2005, j'avais confié à ma responsable que l'univers du social m'intéressait et que j’y reviendrai un jour. Mais il me semblait alors que pour faire du social, il fallait avoir une longue expérience, beaucoup de sagesse, avoir connu des expériences nombreuses et variées. Quand le poste de responsable des relations et de la gestion sociales m’a été proposé dès 2008, il m’a semblé devancer l’appel. Pour autant, mon expérience de terrain m’a donné une légitimité dans ces nouvelles fonctions.

Face aux syndicats ?

LCL était alors dans un contrat social de sécurité de l'emploi, forcément challengé par l'environnement économique, et avec une culture du dialogue social très institutionnalisé. Il a fallu faire évoluer cette vision, ce qui nous a amenés à travailler à la formation des élus et des représentants du personnel.

Revirement vers la banque privée…

LCL est l’une des plus grandes banques privées en France, avec un réseau spécifique, des équipes ultra-compétentes et une clientèle large et fidèle. Il m’a paru extrêmement intéressant d’en prendre la responsabilité.

…mais retour vers les RH

Si je devais donner une vision globale de mon parcours, je dirais que celui-ci est constitué d’une première étape dans des métiers de commercial sur différents marchés, mais ensuite j'ai développé ma compétence managériale et ma fibre RH. Et j’ai rapidement compris que l'univers RH était celui dans lequel il convient de s’inscrire durablement.

LCL, banque socialement innovante ?

Elle est innovante sur le plan social depuis ses origines : elle a créé son premier restaurant d'entreprise dans les années 1890, des maisons de vacances pour les salariés en 1920, la première crèche en 1946… Aujourd’hui, nous sommes en train d'équiper l'ensemble de nos managers d’outils digitaux, tout en restant très attentifs au respect de l'équilibre de vie de chacun.

Management socialement innovant ?

Je crois en la capacité de chacun de dépasser ses propres limites mais aussi celles de l'entreprise dans laquelle il travaille. C'est une démarche un peu perturbante pour certains habitués à faire ce que demande leur hiérarchie selon des process normés. Ainsi quand je propose un schéma qui me paraît le plus adapté à une situation donnée, j’attends de mes collaborateurs qu’ils ne se contentent pas de l’appliquer, mais qu’ils partagent avec moi cette vision ou qu’ils contribuent, le cas échéant, à faire bouger les lignes.

De l’ambition ?

J'ai une ambition, mais pas sur une simple notion de pouvoir, plutôt en tant que moyen utile pour influencer et faire avancer les sujets, pour porter mes idées dans un environnement et pour une entreprise auxquels je suis très attaché.

 

1 À l’époque le Crédit Lyonnais, racheté en 2002 par le Crédit Agricole et rebaptisé LCL en 2005.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº796
Notes :
1 À l’époque le Crédit Lyonnais, racheté en 2002 par le Crédit Agricole et rebaptisé LCL en 2005.