Charles Henry Dow, décédé le 4 décembre 1902 à l’âge de 51 ans, n’a probablement pas eu le temps de se pencher en détail sur les problèmes de maintenance de ses célèbres moyennes destinées à suivre l’évolution de la Bourse de New York. D’ailleurs, pouvait-il imaginer qu’elles lui survivraient aussi longtemps ? En 1896, il décide de construire une nouvelle moyenne arithmétique, le DJIA premier du nom, en la calculant à partir des cours boursiers de 12 entreprises industrielles qui lui inspiraient confiance (les fameuses blue chips). À partir de celle publiée dans l’édition du 26 mai 1896 du Wall Street Journal/WSJ, égale à 40,94 dollars, un lecteur pouvait en déduire la juste valeur de la nue-propriété d’un portefeuille composé d’une action de chacune de ces 12 entreprises, ce jour-là : 491,28 dollars (12 ×40,94).
Pour tenir compte des premiers fractionnements des titres concernés, le superviseur de l’indice a choisi de raisonner sur la base du portefeuille-type initial et établissait en conséquence sa moyenne en recalculant systématiquement ce qu’auraient été leurs cours si ces fractionnements n’avaient pas eu lieu. La moyenne utilisée devenait ainsi chaque année de plus en plus inadaptée pour suivre l’évolution des cours des actions des sociétés industrielles cotées à la Bourse de New-York du fait des fractionnements successifs des actions qui avaient le plus augmenté (et toujours présentes dans l’échantillon). Un nouveau DJIA, deuxième du nom, a été construit le 4 octobre 1916 par les successeurs de Charles Dow en portant à 20 la taille de l’échantillon des entreprises industrielles suivies. Cela n’a rien changé au problème puisque pour fixer les idées, il fallait en 1927, avant de diviser par 20 le total des cours observés, multiplier celui d’American Can par 6, celui de General Electric Company ainsi que de Sears Roebuck & Company par 4, et celui d’American Car & Foundry ainsi que d’American Tobacco par 2. L’évolution de l’indice était donc essentiellement dictée par celles des cours des titres de cette poignée d’entreprises.
La société Dow Jones a donc finalement dû se résigner à abandonner purement et simplement son deuxième DJIA pour le remplacer le 1er octobre 1928 par le DJIA, troisième du nom, dont la formule est totalement différente (cf. § 2.4), profitant de l’occasion pour faire passer la taille de l’échantillon de 20 à 30, sa valeur actuelle. Le WSJ a retenu un premier diviseur égal à 16,67 et non 30 pour raccorder le nouvel indice au précédent.
Bref, pour répondre à la question posée par le titre de cet encadré, on devra attendre le 1er octobre 2028 pour fêter éventuellement le centenaire du DJIA actuel !