Exclusion : une façon simple d’améliorer ses indicateurs ?

Créé le

18.10.2021

Les engagements de la Place de Paris citent explicitement la nécessité de politiques de désinvestissement et d’exclusion sur les énergies fossiles. Mais ce n’est pas le gros de l’activité de nos banques de détail. Ne peut-on craindre qu’afin de leur permettre d’afficher rapidement des indicateurs de risques climatiques plus favorables, la « verdisation » du bilan des institutions financières ne se traduise par d’autres types d’exclusion ?

Prenons un exemple extrême de ce qui pourrait nous arriver demain : le risque de sélection des financements sur l’immobilier en fonction du risque climatique. Une banque aura-t-elle plus intérêt, dans ses ratios risques climatiques, à financer dans sa politique de crédit uniquement des biens immobiliers avec un DPE favorable, répondant aux normes car récemment construits, ou à financer la transition d’un bien avec un DPE défavorable en finançant aussi des travaux permettant de l’améliorer et en réduisant les charges financières du nouveau propriétaire ? Compte tenu de la structure du parc français de logement, la seconde approche pourrait avoir plus de sens pour la collectivité. Mais ce choix stratégique sera-t-il favorisé dans les indicateurs définitifs ?

Une autre interrogation concerne le financement du véhicule individuel électrique, qui devient l’offre standard évidente pour les futurs achats de véhicules. Mais des voix s’élèvent désormais pour dire l’impact possible sur la production et le coût de l’électricité associé à ce choix. La question est alors de savoir comment une banque qui décide de financer plutôt des infrastructures collectives (bus, métro…) sera plus valorisée dans les mesures d’impact que si elle finance des parcs de voitures électriques.