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L’éphémère proposition d’Olaf Scholz

Créé le

18.12.2019

Une proposition du ministre allemand des Finances Olaf Sholz, qui s’est exprimé le 5 novembre 2019 dans les colonnes du Financial Times, avait redonné de l’espoir à ceux qui espèrent voir une garantie européenne des dépôts se mettre en place, mais l’Eurogroupe du 5 décembre 2019 n’a permis aucune avancée sur ce dossier, les États ne parvenant pas à s’entendre. Il faut préciser qu’Olaf Scholz avait lié les avancées sur EDIS [1] à une remise en question de la façon dont les obligations souveraines sont pondérées au bilan des banques, le risque de crédit n’étant aujourd’hui pas pris en compte. Cette question est très sensible, car les banques détiennent beaucoup d’obligations émises par leur souverain (le pays où se trouve leur siège). Les États les moins bien notés redoutent que soit prise en compte leur notation pour pondérer ces actifs et, selon certains économistes, une telle mesure serait pro-cyclique. C’est l’opinion de Nicolas Véron (Bruegel, Peterson Institute) qui préconise plutôt de mettre en place un dispositif incitant les banques à diversifier leurs risques en évitant de détenir une quantité excessive d’obligations émises par leur souverain.

Parallèlement à ce débat, des discussions visant à créer un safe asset sont engagées de longue date. Il s’agirait de créer un eurobond synthétique qui permettrait de conserver un actif sans risque dans le calcul du capital bancaire. Toutefois, les discussions patinent, car la mise en place de cet outil implique un certain degré de mutualisation du risque souverain.

 

1 European Deposit Insurance Scheme.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº839
Notes :
1 European Deposit Insurance Scheme.
RB