La retraite ? Tout le monde en parle et s'en préoccupe, en France mais aussi en Europe. Dans le but de prendre le pouls des Européens et de comprendre leurs besoins financiers et leurs comportements en termes d’investissement, BlackRock a demandé à l'institut de sondage Yougov de mener, en septembre 2012, une
L’immobilisme des Français
Dans ce contexte de crainte exacerbée, les personnes interrogées se montrent particulièrement allergiques à toute prise de risque, limitant leur épargne à des livrets d'épargne ou des comptes bancaires rémunérés. Une épargne de court terme et liquide qui les rassure dans ce climat d'incertitude économique. 52 % des Français interrogés reconnaissent même qu'ils n'épargnent pas pour leur retraite et n'envisagent pas de le faire. Il faut dire qu'ils sont de plus en plus nombreux à reconnaître qu'ils éprouvent des difficultés à se constituer une épargne retraite, n'excluant pas de travailler plus longtemps et de dépenser moins pour s'en sortir. En France, l’écart entre le revenu moyen annuel espéré par les futurs retraités et ce à quoi ils auront vraiment droit est d'ailleurs énorme : s'ils espèrent une rente annuelle de 29 000 euros, celle-ci ne devrait pas dépasser en effet 14 600
Les enseignements en termes d’épargne retraite
Face à cette défiance généralisée, à une espérance de vie nettement plus longue pour les hommes et les femmes, à des gouvernements toujours plus pauvres, quelles décisions doivent être prises par les épargnants pour couvrir leurs futurs besoins financiers ? Il est primordial de donner toute sa force au temps. C'est en forgeant une stratégie sur une très longue période qu'elle a quasiment toutes les chances d'être gagnante. De la sorte, il est indispensable de s'y prendre le plus tôt possible, même en épargnant de petites sommes d'argent chaque mois : sur la base d'une contribution mensuelle de 300 euros, les personnes ayant commencé dès maintenant à réaliser cet effort financier peuvent compter sur une valeur finale hypothétique de leur portefeuille de 44 175 euros dans 10 ans. Celles qui s'y prendraient 5 ans plus tard n'auraient que 19 890 euros. Et que dire sur une période de 40 ans ? La première catégorie totaliserait 354 588 euros quand la seconde ne récupérerait pas plus de 274 119 euros.
Autre maître mot pour se constituer d'un capital retraite satisfaisant : la diversification. S’il est judicieux de détenir une part de son capital sous forme de liquidités, pour subvenir aux aléas de la vie, il est encore plus souhaitable de diversifier son épargne à travers différentes classes d’actifs. Certes, les marchés actions ont fait beaucoup parler d’eux ces dernières années, mais sur une période de 25 ans, les actions sont la classe d’actifs ayant généré la meilleure performance, par rapport aux obligations et au monétaire. Contrairement à ce que d'aucuns pourraient penser, se positionner sur de belles entreprises rentables génère moins de risque que celui d’investir exclusivement sur des placements court terme, dont les espérances de rendement s'avéreront bien décevantes après prise en compte de l'inflation.
Quelles solutions préconiser ?
Inquiets, mal informés, conscients toutefois que l'on ne peut compter que sur soi pour préparer sa retraite, les épargnants ne savent comment s'y prendre, ni quel véhicule privilégier, même si les différentes enveloppes ne manquent pas. Avec toutefois cette particularité commune : elles ne satisfont jamais toutes les exigences des futurs retraités :
- l'assurance vie est essentiellement constituée de fonds en euro reposant sur des produits n'offrant pas tous les impératifs de transparence, ni d’espérance de rendement régulier ;
- le
PEA est très spécialisé et ne permet pas une diversification des classes d'actifs ;[3] - d'autres outils ne supposent que des sorties en rente, pas toujours appréciées des personnes soucieuses de se constituer une épargne relativement liquide.
Une décision politique forte
Un tel outil pourrait donc se révéler une solution pour la France et plus largement pour d’autres pays européens, solution qui nécessite, il est vrai, une décision politique forte à l'heure où le financement des retraites pose de réelles difficultés financières. Mais les prestataires de services financiers et les médias doivent également conjuguer leurs efforts pour aider les consommateurs à accroître leurs connaissances financières. Si nous n’incitons pas les jeunes actifs à épargner et investir dès à présent pour leur retraite, ils pourraient disposer d’une épargne retraite encore plus insuffisante que leurs aînés. Après tout, préparer son avenir n’attend pas.