Gestion opérationnelle

L’enjeu de l’évolution des systèmes d’information dans les banques africaines

Créé le

10.01.2014

-

Mis à jour le

06.05.2014

La progression forte du PNB des banques africaines entraîne la nécessité d’une mutation importante de leurs systèmes d’information, pour faire face à l’augmentation des volumes et aux problématiques de rapidité de traitement des informations. Reste à faire les bons choix en termes de stratégie informatique.

À l’évidence, le continent africain dans toutes ses composantes vit une évolution complète et rapide. La croissance de l’activité économique, identifiée comme la plus forte, touche tous les secteurs. Cette dynamique est portée par des acteurs déjà présents, mais aussi par de nouveaux entrants, tant en ce qui concerne les investissements réalisés par des États que des groupes économiques.

Les promesses qui peuvent être tirées des richesses naturelles de ce continent, encore largement sous-exploitées, associées à l’émergence d’une classe politique nouvelle et d’une maturité éducative plus forte des populations en font désormais pour tout acteur un point d’ancrage à toute recherche d’expansion économique.

À cet égard, outre les acteurs traditionnels européens ou chinois, il faut désormais compter sur des acteurs de la zone elle-même, tel le Maroc, l’Afrique du Sud, qui sont engagés dans un mouvement de prise d’intérêts au sein des différents pays.

Cette analyse s’applique, avec les réserves obligatoires liées aux différenciations locales, tant pour les pays du Maghreb, la corne de l’Afrique, l’Afrique centrale et de l’Ouest que l’Afrique du Sud-Est et Sud-Ouest.

Un changement considérable

Le système bancaire est au cœur de ce mouvement, il en est le moteur de poussée et le régulateur. Si sa propre progression est naturellement liée à celle de l’économie générale, il se doit d’être à l’avant-garde et de bénéficier de tous les atouts de dynamique et de gestion nécessaires à son activité.

La progression forte du PNB des banques africaines entraîne la nécessité d’une mutation importante de leurs systèmes d’information pour faire face à l’augmentation des volumes et aux problématiques de rapidité de traitement des informations. Le nombre d’établissements qui va changer de systèmes d’information sur le continent est considérable et s’explique par les deux facteurs : le premier est l’accroissement de leur activité, le second l’obsolescence de leurs anciens systèmes.

Les solutions possibles

La mutation des systèmes d’information pourra s’effectuer autour de trois axes majeurs.

  1. Le choix d’ ERP [1] pour réaliser la transformation globale de leurs établissements. À cet égard l’utilisation d’une telle solution garantit aux banques une opérabilité rapide, ouverte sur les différents métiers de croissance et aux normes des contraintes internationales, ainsi qu’une meilleure maîtrise de leur budget informatique, libérant ainsi des moyens sur les investissements plus profitables. Les expériences, particulièrement développées en Europe et principalement en France, permettent aux établissements bancaires africains d'en bénéficier et d’éviter ainsi la démultiplication des solutions de progiciels externes, en ne retenant qu’un ERP qui gère la totalité des problématiques de leurs banques.
  2. Le bénéfice des meilleures technologies mondiales peut leur permettre d’avoir une longueur d’avance dans le développement de leurs métiers. Certains établissements africains ont d'ores et déjà opté pour le développement du paiement par téléphone, avec des solutions bancaires totalement intégrées dans ce mode de fonctionnement. Ils évitent ainsi un développement important des autres moyens de paiement, notamment la carte. Ce type de solution est particulièrement pertinent sur un continent aussi vaste : il évite de lourds investissements d’infrastructure pour assurer la proximité clientèle, comme cela a pu être constaté dans nombre de pays émergents avec un développement des télécommunications accédant directement au stade du mobile. Le secteur bancaire dispose là d’un outil de développement adapté. De telles solutions sont déjà mises en œuvre, au Mali par exemple.
  3. L’utilisation du mode SaaS [2] pour développer leurs activités bancaires. Ce mode d’acquisition des technologies bancaires leur permet un développement rapide de leurs activités tout en étant sécurisé par le back-up de leur fournisseur de ce progiciel. Dans ce domaine, nous avons observé que de nouveaux établissements ont démarré leur activité en moins de 4 mois, avec un déploiement rapide de leurs agences. En outre, l’économie de coûts réalisée par la banque, concernant tant les investissements d’infrastructure informatiques et les contingences associées que les charges d’une équipe d’informaticiens exploitants, permet une réaffectation budgétaire à des sujets plus contributifs du développement de la banque.
Il est clair qu’une telle stratégie d’équipement s’impose plus particulièrement dans le cas d’une création d’établissement libérée des contraintes antérieures liées à la pesanteur organisationnelle et aux pratiques ainsi que l’absence de reprise d’existant. Mais dans le cas d’un remplacement de solution obsolète, elle peut aussi être étudiée avec intérêt pour mesurer les effets de la mise en place d’une infrastructure nouvelle, de connaissances technologiques différentes, etc. À cet égard, une solution Saas, par son caractère plus fortement normatif, peut aussi être pertinente et faciliter la révision rationnelle des processus organisationnels.

Le bon choix

Pour porter cet extraordinaire développement du continent africain, le système bancaire devra dans tous les cas s’adapter rapidement. Il en est un des acteurs majeurs de la réussite et doit bénéficier de la base d’expérience de la communauté bancaire, des pays d’Europe par exemple, en évitant les parcours informatiques longs ou spécifiques, toujours coûteux. L’informatique dans la banque a retrouvé une place qui est la sienne, plutôt outil de production de l’usine bancaire et, par une large capacité de flexibilité des outils, d’accompagnement du développement commercial que pivot autour duquel la banque doit s’organiser et les produits s’insérer.

Les solutions progicielles éprouvées, par leur opérabilité immédiate et leur économie d’usage sont désormais là pour ouvrir la voie à la stratégie informatique de tous les établissements. Il reste à ceux-ci d’assurer leur choix selon une démarche rationnelle et sérieuse, qui doit mettre en valeur la réponse fonctionnelle aux besoins présents et à venir, l’opérabilité immédiate et la durabilité du modèle économique choisi.

1 Enterprise Resource Planning. 2 Software as a service : modèle d'exploitation commerciale des logiciels dans lequel ceux-ci sont installés sur des serveurs distants plutôt que sur la machine de l'utilisateur.

À retrouver dans la revue
Banque et Stratégie Nº321
Notes :
1 Enterprise Resource Planning.
2 Software as a service : modèle d'exploitation commerciale des logiciels dans lequel ceux-ci sont installés sur des serveurs distants plutôt que sur la machine de l'utilisateur.