La réforme du courtage de l’assurance et de celui en opérations de banque et en services de paiement entrera définitivement en vigueur le 1er avril 2022
Une pratique déjà dans le collimateur des régulateurs
L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) avait déjà à deux reprises appelé certains acteurs du marché de l’assurance à corriger leurs pratiques en matière de vente de contrats d’assurance par voie de démarchage téléphonique afin de préserver les intérêts des personnes sollicitées
En dépit de ses diverses communications, le régulateur n’a pu que constater que les pratiques de certains professionnels n’étaient pas conformes aux règles de protections des personnes contactées. Certains ne délivraient pas notamment les informations et documents précontractuels en temps utile avant la conclusion des contrats proposés par le biais d’appels non sollicités (appels à froid) et de méthode de ventes hâtives ou de « ventes en un temps ». Ces pratiques rentraient en violation directe de l’obligation d’information et d’un devoir de conseil de qualité à la charge des professionnels concernés, ceux-ci ne respectant pas non plus la réglementation qui prévoit que les consommateurs ainsi contactés disposent d’un temps utile de réflexion voire de renonciation aux contrats proposés par téléphone. L’ACPR a même été contrainte de prononcer un blâme et jusqu’à 160 000 euros de sanction pécuniaire à l’encontre d’un courtier d’assurance procédant à la vente de contrats d’assurance obsèques par téléphone sans respecter la réglementation en vigueur
En parallèle des actions de contrôle et de communications appelant à une correction des pratiques d’acteurs du marché en matière de vente de contrats d’assurance par voie de démarchage, le Comité consultatif du secteur financiers (CCSF) avait également adopté un avis sur le sujet
Les nouvelles règles du démarchage téléphonique
Les distributeurs de produits d’assurance contactant par téléphone des adhérents ou souscripteurs éventuels en vue de conclure des contrats d’assurance devront désormais respecter des règles strictes. Ainsi les intermédiaires d’assurance ou de réassurance
Notons qu’en dépit d’un accord préalable et explicite obtenu en début de conversation, les distributeurs devront aussi mettre fin à la conversation sans délai dès la manifestation d’une absence d’intérêt ou du souhait de ne pas donner suite à la proposition commerciale par les personnes ainsi contactées. Ils s’abstiendront aussi de les contacter à nouveau. Au-delà de la question de l’accord explicite, les professionnels devront vérifier que les personnes contactées sont en mesure de résilier leurs contrats en cours concomitamment à la prise d’effets des contrats proposés si les offres téléphoniques concernaient des risques déjà couverts. Les distributeurs d’assurance devront s’assurer également de la bonne réception des documents et informations précontractuels et contractuels liés à la conclusion à distance de contrats
La signature des contrats objets des démarchages ne pourra être que manuscrite ou électronique. Elle matérialisera le consentement des clients aux contrats et uniquement ainsi. Celle-ci ne pourra plus intervenir au cours d’un appel téléphonique et moins de vingt-quatre heures après la réception des documents et informations précontractuelles et contractuelles. Dans tous les cas, les distributeurs d’assurance ne pourront signer de contrats au nom et pour le compte des personnes démarchées. Postérieurement à leur signature, les distributeurs les informeront sans délai par écrit ou tout autre support durable (e-mails, coffre-fort électronique, espaces dédiés sur site Internet, etc.) de leurs engagements contractuels, des dates de conclusion et prises d’effet de leurs contrats conclus à distance, leur droit de résiliation et modalités d’exercice de ce droit en particulier l’adresse à laquelle la notification de la renonciation doit être envoyée, ainsi que les modalités d’examen des réclamations formulées. Les distributeurs auront l’obligation d’enregistrer et conserver pendant une période de deux ans la traçabilité de l’intégralité des communications téléphoniques intervenues avant la conclusion des contrats. Ils permettront aux autorités de régulation (respectivement l’ACPR et la DGCCRF) de contrôler les pièces justificatives permettant de vérifier que les distributeurs n’avaient pas à appliquer l’ensemble des règles précitées dans la mesure où les personnes contactées étaient déjà liées par des contrats en cours ou qu’elles ont sollicité l’appel ou consenti à être appelées. Leur consentement aura été librement et sans équivoque obtenu lors d’une démarche et un engagement clair en ce sens.
Des sanctions en cas de manquements
Le non-respect de ces obligations sera constaté et sanctionné par l’ACPR dans les conditions classiques applicables aux contrôles et sanctions des distributeurs d’assurance. Il pourra être également constaté et sanctionné par les agents de la DGCCRF en vertu des dispositions relatives à leur processus de commercialisation