Quels sont les montants gérés par Amundi en épargne salariale ?
Avec
Dès lors, pourquoi n’êtes-vous pas également leader sur le plan de la tenue de compte où Interépargne ravit la première place ?
L’activité de tenue de compte est assurée par différentes entités appartenant à Amundi ou ses actionnaires (Amundi Tenue de Compte, Crédit Agricole Titres,
Dans le cadre de l’actionnariat salarié, les plans à effet de levier sont-ils toujours d’actualité ?
Malgré les tourments qu’ont connus les marchés et le report de certaines opérations, l’actionnariat salarié demeure très vigoureux. L’explication est simple : l’actionnariat salarié constitue un outil stratégique pour les entreprises, car il associe les salariés à ses performances, les fédère autour d’un projet commun et peut être mis en place à l’échelle internationale, pour les groupes qui utilisent cette technique.
Dans ce contexte, les plans à effet de levier demeurent attractifs. Ils apportent en effet une garantie de tout ou partie de l’investissement du salarié et lui offrent un pourcentage (démultiplié grâce au levier) de la hausse du titre. En revanche, le salarié doit renoncer à la décote et aux dividendes que propose l’employeur sur le prix de son titre.
Pour offrir ces plans, la banque doit se couvrir, ce qui est plus coûteux depuis la crise, car les marchés sont devenus très volatils. Ces frais supplémentaires sont-ils répercutés sur les plans qui seraient ainsi devenus moins alléchants ?
Les coûts de couverture ont certes globalement augmenté, mais le prix d’une option est fonction de plusieurs facteurs qui varient à la fois selon le marché (volatilité, taux d’intérêt) et selon les entreprises (dividendes versés par l’émetteur, marché du
Les entreprises sont aussi compétentes que nos gérants pour estimer l’intérêt ou pas de proposer un plan à effet de levier aux salariés et à quel prix.
Comment expliquez-vous que certains observateurs estiment que l’épargne salariale est moins performante que la gestion traditionnelle, ce que semblent confirmer les chiffres d’Europerformance (voir tableau), sauf pour la gestion diversifiée ?
Nous ne sommes pas de cet avis et les chiffres d’Europerformance s’expliquent facilement. En épargne salariale, la gestion se veut prudente et de long terme. Ces impératifs expliquent que les résultats des OPCVM classiques – dont certains recherchent une performance à plus court terme – peuvent dépasser ceux des FCPE. Par exemple, les valeurs cycliques, notamment bancaires, ont beaucoup rebondi cet été ; or nous sommes peu investis sur ces dernières, que nous jugeons trop risquées.
À l’inverse, en gestion diversifiée, les gérants d’épargne salariale délivrent de bonnes performances, grâce à une expertise reconnue en allocation d’actif sur un univers d’investissement international : un bon équilibre entre les grandes poches actions et obligations permet d’améliorer sensiblement le couple rendement/risque sur un horizon d’investissement de long terme ; par exemple, à tout moment, le gérant peut examiner l’intérêt d’augmenter ou de réduire une poche d’actions US ou pays émergents.
Et c’est d’ailleurs sur la gestion diversifiée que l’on enregistre nos plus gros encours, chiffres confirmés par Europerformance.
Enfin, l’épargne salariale permet aux salariés de bénéficier d’un tarif négocié à l’échelle de l’entreprise, ce qui peut représenter des frais environ deux fois moins élevés que dans l’univers des particuliers.
MIF ne s’appliquant pas à l’épargne salariale, vous n’êtes pas obligés de délivrer un conseil aux investisseurs. Mais vous pourriez, si vous le souhaitiez, vous placer volontairement dans le champ d’application de la MIF…
Délivrer du conseil constitue un métier à part entière qui nécessite notamment de bien connaître et analyser l’ensemble du patrimoine de l’investisseur. Cela représente un coût important que les entreprises ou les salariés ne sont pas disposés à payer.
Vous avez repris depuis peu les encours de Generali qui avait décidé de délivrer du conseil aux épargnants salariés dès 2001 et d’appliquer MIF quand elle est entrée en vigueur fin 2007 ; pourquoi ne pas avoir poursuivi cette stratégie de Générali qui s’était ainsi distingué du reste des acteurs de l’épargne salariale ?
À notre connaissance, les dirigeants de Générali sont eux-mêmes arrivés à la conclusion que cette activité de conseil n’avait pas trouvé son public.
Mais si nous ne délivrons pas de conseil, nous accompagnons le salarié en lui donnant les outils nécessaires à son éducation financière, afin qu’il puisse investir en toute connaissance de cause. Par exemple, nous lui procurons des outils pédagogiques sur les risques que représentent les différentes classes d’actifs. Nous aidons également le salarié à construire une épargne en fonction de ses projets de vie : par exemple, s’il veut préparer sa retraite, les solutions seront différentes de celles qui sont adaptées à un financement à horizon plus court.
Nous avons tout intérêt à ce que les salariés soient satisfaits des placements qu’ils effectuent, car nous nous inscrivons dans la gestion d’une épargne longue.
Comment expliquez-vous le succès de l’ISR dans le domaine de l’épargne salariale ?
Le CIES a beaucoup favorisé le développement de l’ISR en épargne salariale, qui est, rappelons-le, paritaire ; la société dans son ensemble est de plus en plus sensible à cette thématique. Mais surtout, nous sommes convaincus que l’analyse extra-financière, qui s’ajoute à l’analyse financière, participe à une meilleure évaluation de l’émetteur en terme de risque ou d’opportunités d’investissement. Sur le long terme, l’entreprise sera plus performante si elle devance la réglementation en matière environnementale, si elle se préoccupe du bien-être de ses salariés et si sa gouvernance est optimale. L’ISR s’inscrit dans une perspective de long terme, ce qui correspond bien à l’horizon de l’épargne salariale. Rappelons qu’un euro sur quatre en épargne salariale s’investit dans les fonds ISR ou d’économie solidaire, sachant que l’épargne salariale représente la moitié des placements solidaires en France.