À l’heure où le gouvernement enclenche une dynamique de dialogue, voire de coconstruction, avec la création d’une «
Initier une réflexion collective
L’Observatoire de la responsabilité sociétale de l’entreprise (ORSE) est le témoin engagé de ce dialogue. Les membres de son Club Finance sont en effet des acteurs majeurs du financement de l’économie en France et à l’international et ils sont amenés à ce titre à soutenir certains secteurs, notamment dans le domaine de l’énergie, porteurs de risques sociaux et/ou environnementaux. Jusqu’à présent, les
Qu’attendre des établissements financiers en matière de responsabilité sociétale ?
Si l’on en croit les ONG qui ont signé la
- privilégier le financement ou l’assurance d’opérations favorables au développement durable ;
- prévenir et limiter les impacts sociaux et environnementaux négatifs de leurs opérations ;
- supporter une part des risques sociaux et environnementaux qu’ils engendrent ;
- rendre des comptes à toutes leurs parties prenantes et particulièrement à celles affectées par les activités qu’ils financent ou assurent ;
- publier des informations tangibles et normalisées de manière régulière, sur leurs politiques, leurs procédures et leurs transactions ;
- soutenir activement toutes les lois, politiques publiques et initiatives volontaires qui favorisent la prise en compte des externalités sociales et environnementales.
- listent les enjeux environnementaux et sociaux de chaque secteur ;
- recensent le cadre de référence de chaque activité industrielle ;
- détaillent les principaux impacts sur l’eau, l’air, la terre, l’énergie, la biodiversité et les humains de ces activités ;
- fixent un champ d’application large tant du côté industriel que financier ;
- édictent surtout un certain nombre de principes, que ce soit pour l’évaluation des contreparties ou pour celle des transactions spécifiques.
Les lignes directrices de l’ORSE
Pour ce qui est des centrales au charbon, l’ORSE recommande de ne financer ou de n'assurer que celles dont l’efficacité thermique
Au sujet des centrales nucléaires, l’ORSE suggère de tenir compte :
- de la technologie utilisée (répond-elle aux standards de l’
AIEA et des pays de référence ?) et des caractéristiques techniques du projet ;[6] - de la capacité du pays d’accueil à contrôler un projet nucléaire (est-il membre de l’AIEA et a-t-il ratifié l’ensemble des conventions du secteur ?), notamment au travers de son Autorité de sûreté nationale (a-t-elle le pouvoir statutaire d’émettre des autorisations et de procéder à des inspections pouvant mener à des sanctions ?) ;
- de la capacité de l’opérateur à exploiter le projet nucléaire (a-t-il fait l’objet d’une mission
Pré-OSART, OSART , ou[7] WANO ?).[8]
Pour le secteur des mines et métaux, l’ORSE préconise de ne financer ou assurer, dans les pays OCDE à haut revenu, que les contreparties ou projets qui respectent les critères de performance de la SFI sur la durabilité sociale et environnementale, et en particulier les critères 1, 3, 6 et 7, et, dans les autres pays, ceux qui respectent l’ensemble des critères de performance de la SFI ainsi que les Principes du Conseil international des mines et métaux (ICMM) ; de même que, le cas échéant, le Code international de gestion du cyanure (CIGC), le Processus de Kimberley de certification des diamants, la convention de Ramsar sur les zones humides d'importance internationale et l'Initiative pour la transparence dans les industries d'extraction (EITI).
Dans le secteur pétrolier et gazier, l’ORSE conseille de ne financer ou assurer, dans les pays OCDE à haut revenu, que les contreparties ou projets sensibles (sables bitumineux, huiles et gaz de schistes…) qui respectent les critères de performance de la SFI sur la durabilité sociale et environnementale, et en particulier les critères 1, 3, 6 et 7, et, dans les autres pays, que ceux qui respectent l’ensemble des critères de performance de la SFI ainsi que les principes de l’Association internationale de l’industrie pétrolière pour la conservation de l’environnement (IPIECA) et de l’Association internationale des producteurs de gaz et de pétrole (OGP) ; de même que, le cas échéant, le Partenariat mondial pour la réduction des gaz torchés (GGFR), la Convention de Ramsar sur les zones humides d'importance internationale et l'Initiative pour la transparence dans les industries d'extraction (EITI).
Ces lignes directrices sont-elles satisfaisantes ?
Ces lignes directrices tiennent compte de la place importante actuellement occupée par l’énergie, notamment fossile, dans l’économie mondiale et des besoins croissants à travers le monde, du fait du développement économique des pays émergents. Elles prennent également en considération le fait que la production d’électricité nécessite un mix énergétique qui diffère selon les pays. L’ORSE est en effet convaincue, d’une part, qu’il appartient aux États de fixer et faire évoluer la réglementation dans le secteur de l’énergie et aux clients de définir leur politique d’investissement et, d’autre part, que les établissements financiers, s’ils n’ont pas vocation à se substituer aux pouvoirs publics ou aux entreprises du secteur, peuvent néanmoins agir dans le sens d’une transition vers une économie moins carbonée, notamment en soutenant les efforts des gouvernements et du secteur privé pour diversifier les sources d’énergie et augmenter l’utilisation des énergies renouvelables.
D’une manière générale, les critères spécifiques d’analyse répondent à une attente des commerciaux et des gérants d’actifs de disposer d'instructions précises en amont de toute prise de décision. Ils sont positionnés à un niveau suffisamment ambitieux pour avoir un réel impact sur l'environnement et la société, mais également réaliste pour garantir leur mise en œuvre, dans le cadre d’un dialogue renouvelé avec les clients qui aille au-delà des simples critères de performance financière.
Une relation durable et mutuelle avec la société
En effet, le débat entre tenants de l’analyse financière et analystes extra-financiers est le même que celui entre ceux qui pensent que la responsabilité sociétale de l'entreprise est d'accroître ses profits pour le compte des