L’analyse de la volatilité boursière qui utilise comme référent intellectuel le modèle de la valeur actuelle compare la volatilité d’un prix de marché à celle d’une valeur théorique obtenue par une actualisation de flux puisque, la valeur actuelle s’apparentant à une moyenne pondérée des flux futurs, alors la volatilité théorique des cours devrait donc nécessairement être inférieure à celle de ces flux. Les analyses financières développées dans les années 1980 pour rendre compte de l’apparente disjonction entre cours de Bourse et valeur fondamentale s’appuient toutes sur un tel principe. Cette démarche intellectuelle est à l’origine des tests d’inégalité de variance introduits par Shiller en 1981, dont les résultats aboutiront à valider l’idée que « les variations des prix des actions sont trop fortes et inexplicables en regard des seules variations des dividendes des sociétés ». Ceci conduira à qualifier la volatilité de « normale » ou d’« excessive », en référence à la volatilité théorique de la valeur dite fondamentale. Cette idée trouvera un héraut et une légitimité définitive lorsque le président de la Fed, Alan Greenspan, qualifiera « d’exubérance irrationnelle » les comportements boursiers du marché américain, en référence à un écart apparemment inexpliqué aux facteurs économiques fondamentaux. Ce raisonnement éthique est cependant dépendant de la condition de transversalité : dans le schéma parétien, il ne fonctionne plus et le critère de démarcation de Greenspan-Shiller n’est plus opérant.
Volatilité boursière
Des jugements éthiques déficients
Créé le
31.10.2012-
Mis à jour le
27.11.2012