Va-t-on durablement continuer à assister à cette querelle de chiffres ? D'un côté la profession bancaire publie régulièrement des
Des données on en trouve et de toutes sortes. Mais parlent-elles des mêmes choses. Font-elles référence aux mêmes types et catégories d'entreprises. La période d'analyses, les questionnements, les éléments mis en avant sont-ils pertinents ? Ainsi, par exemple, si l'on s'attache au livret de novembre 2012 de la collection
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C'est pour ces raisons qu'il convient de multiplier les occasions d'explications, d'échanges, et de travail en commun, afin de faire progresser la recherche d'informations plus précises et de faire évoluer les marqueurs institutionnels pour n'éviter aucun aspect du monde entrepreneurial, qui est divers. Nous avons besoin également d'une juste remontée des banques en matière d'octroi de crédits par catégories d'entreprises, par tranches et par régions. Répondant à notre demande, la création d'un « Stat Info TPE » par la Banque de France a permis de valoriser la particularité du financement des petites entreprises et des encours de moins de 25 000 euros. De même, le travail régulier en commun avec les banquiers au sein de l'Observatoire du financement des entreprises a permis de traquer les idées reçues et faire évoluer certaines données lacunaires relatives au financement des entreprises. L'obtention de données régionales permettra de dresser un tableau clair du financement des entreprises. Enfin, compte tenu de l'état de cette « querelle », il est indispensable de maintenir une médiation du crédit qui puisse répondre de manière responsable, claire et efficace aux situations exacerbées, délicates ou bloquées. La relation banque-PME n'est jamais un long fleuve tranquille. De plus, la crise a aussi fait prendre conscience à beaucoup de patrons que leur banque ne les suivrait pas toujours et pouvait même devenir « un risque », voire le « principal risque », pour l'entreprise en limitant ou refusant l'accès aux crédits.
En toutes périodes, à la recherche de capitaux, les PME se tournent naturellement vers les banques pour investir ou pour obtenir des prêts et des liquidités. La Banque reste donc la colonne vertébrale du financement des entreprises moyennes même s'il est difficile de reconnaître pour les banquiers la réduction des marges de manœuvre de leurs établissements. Bâle III est devenu, avant l'heure, une réalité. Et rien n'inversera le mouvement mondial de « débancarisation » ou « désintermédiation » des prêts qui est engagé. Les entreprises voient des lignes de crédits courts termes renégociées, voire supprimées.
C'est dans ce contexte qu'est mise en place la BPI. Elle ne sera pas un remède miracle et ne remplacera pas les banques. On sait, d'ores et déjà, qu'elle ne veut pas s'occuper des « canards boiteux », les banques non plus. Pour la majorité des entrepreneurs, l'enjeu est de savoir quels seront les moyens disponibles et pour quelles entreprises. Car si la BPI est seulement l'agrégation des dispositifs publics de financements des entreprises existants en un guichet unique, elle passera à côté de l'essentiel : elle ne parviendra pas à satisfaire les besoins de la majorité des TPE et PME à la recherche de financements nouveaux pour des projets d'entreprises de toute nature dans les régions et à l'international. C'est pourquoi, cette nouvelle banque doit prioritairement épauler les banques privées en doublant sa garantie aux prêts accordés aux TPE-PME tant pour leurs investissements que pour leurs dépenses de trésorerie. La BPI ne remplacera pas les banques, car elles assurent un véritable maillage dans les régions où les agences bancaires sont des acteurs incontournables du financement local des entreprises.
Le nouveau métier des banques
Mais les banques doivent aussi reconnaître clairement que leur métier a évolué et travailler à renforcer cette nouvelle dimension. Elles peuvent améliorer leur notoriété et être une garantie, une référence, un levier. C'est pourquoi les PME attendent un soutien affirmé des banques privées aux modes de financements « alternatifs » ou plutôt complémentaires même si elles craignent un mouvement de désintermédiation. On pense prioritairement au capital-investissement qui doit être encouragé non seulement en amorçage, mais aussi en développement ou en reprise d'entreprises. Nos entreprises moyennes pour grandir ont besoin d'investisseurs bancaires qui ont du flair ! Les banques doivent aussi accepter de donner une chance au marché obligataire que l'on bride, parce que cher et surdimensionné pour les PME. Par leur impulsion, les banques pourraient contribuer à inverser cette situation. Or elles ne participent que timidement aux
Quant à la Bourse, le marché des valeurs moyennes doit faire sa lente révolution pour devenir attractif, y compris du point de vue des banques qui peuvent devenir un soutien efficace pour les PME dynamiques au moment des IPO.
On l'aura bien compris, les contraintes prudentielles et la crise font que les banques sont à un tournant en matière de financement des TPE-PME. Et ce segment n'est pas pour elles un secteur à forte marge. Parallèlement, elles sont aussi en train de changer de métier et de dimension. Le métier de banquier a changé. Son activité de conseil auprès des entrepreneurs est devenue primordiale. Le banquier doit donc faire preuve de pédagogie et s'engager dans la présentation d'offres de financements alternatifs, publics ou privés, dans un souci d'intérêt partagé. Les entreprises le vivent et commencent à le comprendre. C'est par un vrai dialogue avec les entreprises moyennes, que les banques pourront être plus fortes en gagnant des parts de marchés et répondre ainsi efficacement aux attentes des PME en matière de financement.