Gestion pilotée

"La crise a généré une demande pour une épargne garantie ou à capital protégé"

Créé le

17.01.2011

-

Mis à jour le

17.05.2017

Le débat sur l’avenir des retraites a provoqué chez tous les actifs une prise de conscience de la nécessité de préparer leur futur. Pour les salariés, il existe des dispositifs d’épargne retraite, distincts de l’épargne salariale. Comment ces différents dispositifs fonctionnent-ils et s’articulent-ils entre eux ? Quelles sont les nouvelles exigences des futurs bénéficiaires de ces plans d’épargne ?

Pensez-vous que le succès croissant du PERCO soit ​dû aux discussions récentes sur les retraites ?¶

Le PERCO est un produit relativement nouveau, puisqu’il a été créé par la loi sur les retraites de 2003. C’est le dernier né des produits d’épargne retraite, sur un marché dont le développement demeure encore modeste en France : l’épargne longue des salariés en vue de la retraite résulte d’une prise de conscience récente dans notre pays. Voilà ce qui explique principalement son développement aussi rapide.

Comment le PERCO fonctionne-t-il ?

Les entreprises qui proposent ce plan doivent avoir mis en place un Plan d’épargne d’entreprise, le PERCO venant compléter, avec un horizon long terme, les solutions d’épargne offertes aux salariés.

Les versements du bénéficiaire sont investis dans des supports financiers réservés à l’épargne salariale : les Fonds communs de placement d’entreprise (FCPE). Ce sont des portefeuilles de valeurs mobilières (actions, obligations, produits monétaires) qui peuvent produire des plus-values qui, réinvesties, augmentent la valeur de l'épargne.

Le PERCO doit comporter au moins trois FCPE présentant des profils d’investissement différents et au moins obligatoirement un FCPE « solidaire ».

De nombreux PERCO offrent également la possibilité d’opter pour un système de gestion pilotée, dont l’objectif est d’optimiser les choix d’investissement en fonction de l’horizon de placement du salarié, et de sécuriser progressivement l’épargne à l’approche de cette date.

Cette gestion pilotée s’appuie sur la détermination d’une date prévisionnelle de départ à la retraite, communiquée par le salarié.

Il existe différents systèmes de gestion pilotée :

  • les ​grilles d’allocation : l’épargne du salarié est automatiquement répartie entre trois fonds purs (actions, obligations et monétaire), la ​clé de répartition de l’épargne étant définie par une grille d’allocation prédéterminée et tenant compte de l’horizon de placement du salarié ;
  • les ​fonds générationnels : l’épargne du salarié est alors versée dans un ​seul FCPE (millésimé) jusqu’à son départ à la retraite et c’est ​l’allocation d’actifs du FCPE qui évolue progressivement à l’approche de cette date ;
  • les ​fonds générationnels garantis : reprenant le principe des fonds générationnels, l’épargne investie par le salarié est totalement garantie à ​l’échéance du FCPE. L’allocation d’actifs y est progressivement ajustée en ​fonction de l’échéance et permet d’offrir une participation à la ​performance des marchés financiers.
Quel que soit le système de gestion pilotée choisi par l’entreprise, lorsqu’un salarié opte pour cette formule de placement, l’investissement de son épargne est piloté en fonction de sa date de retraite prévisible ​et sécurisé au fur et à mesure. Schématiquement, ​on baisse la part en actions à l’approche de cette date ​pour s'orienter vers une gestion obligataire et/ou monétaire.

Quels sont les avantages du PERCO ?

C’est un système volontaire dans lequel le salarié décide de son destin. Sa gestion très souple et flexible est appréciée par l’employeur, qui peut ainsi revoir régulièrement sa politique d’abondement.

Du côté des salariés, c’est également une gestion à la carte qui est proposée : l’adhésion est volontaire ​et les versements sont facultatifs. Un cas de sortie en capital exceptionnel est prévu pour l’acquisition de la résidence principale, ce qui peut être un véritable motif d’épargne à long terme. Pour ce qui concerne l’âge de la retraite, il est également très avantageux de pouvoir envisager une sortie en capital ou en rente viagère partiellement défiscalisée, ou même une solution mixte des deux.

Nous sommes aussi capables de prendre en compte l’évolution des besoins des salariés et de leur horizon de placement dans notre gestion : par exemple le recul de la date prévisionnelle de départ à la retraite (avec l’allongement de la durée du travail et le recul de l’âge légal de départ à la retraite), ou encore la prise en compte d’un projet d’acquisition de résidence principale à moyen terme, ​en plus du projet de départ à la retraite.

Quels sont les supports privilégiés dans le cadre des contrats mis en place ?

Chaque salarié a le choix entre un pilotage personnel de son épargne retraite, pour lequel nous pouvons lui proposer plusieurs profils d’investissement, ou un pilotage délégué en fonction de l’âge ou de la date présumée de départ à la ​retraite. Quels que soient les horizons de placement, nous constatons une grande diversité de comportements dans les choix d’investissement et un vrai intérêt pour la diversification de l’épargne et le panachage entre gestion pilotée et gestion libre, selon que le client exprime une demande de placement prudente, dynamique ou équilibrée. Quand l'​horizon de placement est inférieur à 20 ans, nos systèmes de gestion pilotée intègrent toujours une gestion obligataire et/ou une gestion monétaire.

La loi de 2010 portant réforme des retraites a-t-elle un impact très fort sur votre activité ?

La loi en tant que telle n’a pas apporté de modifications nombreuses, pour autant que nous puissions en juger, certains décrets d’application n’ayant pas encore été publiés. Parmi les innovations, le législateur a prévu de protéger les salariés malgré eux, si je peux m’exprimer ainsi, en dirigeant la participation versée par l’entreprise pour 50 % vers le PERCO lorsque le salarié ne répond pas sur son souhait d’affectation de ces sommes. Il nous revient donc d’informer de manière claire et pédagogique les salariés bénéficiaires de la participation, pour éviter qu’ils ne découvrent cette nouvelle disposition à leurs dépens.

Une autre nouveauté est apportée par l’article ​108 de la loi, qui permet aux salariés dont l’entreprise n’a pas mis en place de compte épargne temps de mettre dans le PERCO leurs congés annuels non pris, dans la limite de 5 jours par an.

La loi prévoit aussi une sécurisation de l’épargne, par le biais d’une allocation d’actifs permettant de « réduire progressivement les risques financiers ». Les conditions concrètes de cette exigence seront fixées par décret.

Mais la conséquence principale du débat sur les retraites a aussi été d’inscrire ce sujet dans toutes les têtes. La médiatisation de l’automne 2010 a ouvert les yeux des salariés en France sur l’avenir de leurs pensions et sur la nécessité d’organiser cette période de leur vie.

Quelles sont les attentes des salariés en matière d’épargne à long terme ?

La crise a généré une demande pour une épargne garantie ou à capital protégé. La gestion pilotée permet de répondre à cette nouvelle attente de sécurité de la part de nos clients. Nous sommes amenés à faire preuve de toujours plus d’ingéniosité pour rester innovant. C’est notre défi en tant que leader sur le marché.

Une autre manière de donner de la visibilité à nos clients passe par la mise à disposition d’un maximum d’informations. Ce besoin de transparence se ressent tant du point de vue de l’entreprise que de celui du salarié, nous agissons donc de plusieurs manières :

  • en aidant ​l’employeur à construire des outils de communication autour de l’épargne salariale et le PERCO ;
  • en mettant à la disposition des salariés des moyens d’information et d’aide à la décision directement accessibles, avec des simulateurs en ligne et une équipe de téléconseillers spécialement formés aux questions concernant la retraite.
Une information complète et facilement mobilisable est indispensable pour satisfaire et rassurer nos clients et leurs salariés.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº733