Zone euro

La crise chypriote réaffirme le caractère sacré des dépôts

Créé le

22.03.2013

-

Mis à jour le

26.03.2013

Elle ne représente que 0,2 % du PIB de la zone euro et 0,3 % de sa population. Pourtant, l’île de Chypre enflamme les esprits depuis mi-mars. À l’heure où nous écrivons, aucun accord n’a encore été trouvé entre l’île méditerranéenne, l’Europe, le FMI et la Russie, principaux protagonistes de l’affaire. Mais une conclusion s’impose déjà : toucher aux dépôts des épargnants est une arme dangereuse. La proposition initiale de la troïka et du président chypriote pour sauver les finances publiques du pays consistait en effet à prélever un pourcentage des dépôts présents dans les banques. Prélèvement exceptionnel pour un cas exceptionnel, se sont empressées de préciser les autorités européennes.

Assimilable à une taxe, ce prélèvement n’en est pas moins apparu dans l’esprit du public comme une atteinte à l’inviolabilité des dépôts – en particulier ceux ne dépassant pas 100 000 euros – que l’Europe ne cesse de réaffirmer depuis le déclenchement de la crise. « La garantie de 100 000 euros était la seule source d'espoir pour les citoyens en ces temps de crise. Cette confiance a été ébranlée », s’est ému la députée européenne Elisa Ferreira devant le nouveau président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, qui essuie ici son baptême du feu. La garantie des dépôts doit par ailleurs être renforcée par une prochaine directive européenne. En négociation depuis juillet 2010, elle bute sur des désaccords au sein du Conseil où peinent à se réconcilier les vues des pays sous assistance – qui souhaitent un haut degré de solidarité – et celles des pays financièrement solides – qui redoutent l’aléa moral. Le Conseil vient toutefois de réaffirmer sa volonté de conclure les débats d’ici juin. Après l’expérience chypriote, l’heure est venue pour l’Europe de rassurer.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº759