Décidément, le Crédit Mutuel confirme qu’il n’est pas une banque comme les autres. Alors que ses confrères et les compagnies d’assurance ont tendance à se désengager de l’activité de private equity, la confédération dirigée par Michel Lucas s’y renforce, au travers de sa composante Crédit Mutuel ARKEA. Celle-ci réunit les fédérations du Crédit Mutuel de Bretagne, du Sud-Ouest et du Massif Central auxquelles s’ajoutent une vingtaine de filiales (Fortunéo, Monext, Suravenir…).
Elle a créé fin octobre une nouvelle filiale baptisée ARKEA Capital Partenaire. Cette société de private equity a pour vocation d’investir dans des entreprises d’envergure régionale dont le chiffre d’affaires s’élève au moins à 50 millions d’euros. L’objectif est de « contribuer au maintien des centres de décision et donc de l’emploi dans nos régions », explique Jean-Pierre Denis, président du Crédit Mutuel ARKEA. Le moment de la transmission de l’entreprise familiale, par exemple, est une phase cruciale, lors de laquelle elle risque d’être absorbée par des fonds étrangers. Désormais, ARKEA Capital Partenaire sera là pour éviter ce type de transfert. Certes, mais quid du respect des normes Bâle III ? Celles-ci sont réputées peu compatibles avec le capital-investissement qui est, dans ce référentiel, très coûteux en fonds propres. « Crédit-Mutuel ARKEA ne souffre pas d’une pénurie de fonds propres », rétorque Jean-Pierre Denis. La banque peut donc se permettre d’explorer cet axe de développement qui lui permettra de stimuler l’économie, mais aussi de développer sa clientèle professionnelle, relais de croissance courtisé par tous les banquiers.