Le secteur automobile est une puissante locomotive de l’économie, comme le montre le dispositif de la prime à la casse mis en œuvre dans de nombreux pays pour relancer une croissance en panne ou du moins fortement ralentie. L’achat de véhicule est de plus en plus lié à un financement : Sofinco, dans une étude datée d’octobre 2010 précise ainsi que trois véhicules neufs sur quatre sont acquis grâce à un financement externe, alors même que 70 % des acteurs du financement automobile sont des filiales de constructeurs.
Historiquement, les véhicules étaient financés au travers de « crédits classiques » : l’automobiliste empruntait un montant correspondant à la valeur du véhicule moins son apport personnel, et remboursait pendant 24 à 60 mois un montant d’échéance constant. Afin de favoriser le renouvellement des véhicules et la montée en gamme, les sociétés de financement ont imaginé de nouveaux produits, comme le crédit ballon et les produits de location.
La montée en charge des crédits ballons…
Le crédit ballon est une forme de crédit in fine pour l’automobile : il s’étale sur 2 à 4 ans, sans apport initial obligatoire, avec des mensualités faibles jusqu'à la dernière, élevée (ballon), assimilable à une option d’achat qui va solder le compte de crédit.
En pratique, le client sera incité à rendre la voiture au concessionnaire pour solder l’opération et réengager une autre transaction sur un véhicule neuf, plutôt que de payer le ballon.
Cette forme de crédit est adaptée aux particuliers qui souhaitent changer fréquemment de véhicule et rouler dans une voiture neuve. L'engagement de reprise par le concessionnaire en fait une opération proche d’une location, mais elle en diffère car le particulier est propriétaire de son véhicule (il supporte notamment le risque de casse). C’est d’ailleurs ce qui la rend assez populaire en Europe du Sud, territoire dans lequel les automobilistes préfèrent détenir en propre leur véhicule.
…et des locations
Parallèlement, la location, marginale en France il y a encore 3 ou 4 ans, monte en puissance sur les véhicules haut de gamme, sous forme de LOA (location avec option d’achat) ou de LLD (location longue durée, c'est-à-dire environ 5 ans).
Dans le cas de la location, la société financière achète le véhicule et le loue au client. L’automobiliste n’est pas propriétaire de son bien. Le transfert de propriété est prévu dans le cas de la LOA, sous réserve de paiement d’une « dernière échéance » qui est indexée à la valeur argus du véhicule. Dans le cas de la LLD, le transfert n’est pas prévu, mais reste possible.
Ces formes de financement, très répandues en Europe du Nord (leasing, hire purchase), sont aujourd’hui très utilisées pour le financement des véhicules haut de gamme.
L’enjeu porte sur les services
Aujourd’hui, la différenciation des offres se fait sur les packages. La société financière propose de plus en plus une prestation globale incluant le financement (crédit ou location, avec ou sans apport initial), ainsi que l’assurance et la maintenance du véhicule. Ces offres de financement « tout compris » sont souvent très complètes et financièrement compétitives. Les établissements financiers filiales de constructeurs trouvent toute leur légitimité au travers de leur relation privilégiée avec le réseau de distribution.
Une démocratisation des offres proposées aux entreprises
Les sociétés financières avaient l’habitude de proposer des produits de location majoritairement à de grandes entreprises. Pourtant, la location présente un avantage fiscal significatif, les loyers étant intégralement déductibles sous forme de charges d’exploitation, et le véhicule étant immobilisé dans les comptes de la société financière.
Aussi, les offres s’ouvrent aujourd’hui aux PME. La gestion de parc automobile se démocratise peu à peu et peut être désormais proposée à des flottes à partir de 2 véhicules !
Une recherche de rentabilité
Historiquement, les sociétés de financement filiales de banques (« sociétés de crédit ») et les filiales de constructeurs (« captives ») avaient des objectifs différents. Alors que les filiales de banques vivent uniquement des revenus générés par l’argent qu’elles prêtent, les filiales de constructeurs ont pour premier objectif de favoriser la vente de véhicules de leur maison mère.
Aujourd’hui les stratégies des uns et des autres convergent. L’élargissement des offres de financement aux services poursuit un double objectif : augmenter la marge dégagée par un contrat, en élargissant son périmètre, et favoriser « la montée en gamme » pour un paiement mensuel identique.