L’Office of Foreign Assets Control(OFAC), agence du département du Trésor américain en charge de l’administration et de la mise en œuvre des programmes de sanctions économiques et commerciales des États-Unis, a procédé à une transaction, rendue publique le 12 juin dernier, avec la banque néerlandaise ING. Cette dernière a accepté de régler un montant de 619 millions de dollars américains pour éteindre les poursuites éventuelles à son encontre au titre de violations apparentes, entre 2002 et 2007, des mesures de sanctions américaines à l’encontre de plusieurs États. Il s’agit de l’une des transactions les plus élevées dans l’histoire de l’
Au-delà du montant à régler par ING pour clore cette procédure, les engagements devant être réalisés par l’établissement, contenus dans l’accord de
Les violations apparentes des programmes américains de sanctions reprochées à ING
Le principal grief formulé à l’encontre d’ING, exposé dans l’accord de règlement, est le fait que l’établissement, par ses différentes structures implantées à Curaçao et Cuba notamment, a organisé le contournement des sanctions américaines. Entre autres, des informations contenues dans des instructions de paiement libellées en dollars américains ont été modifiées ou camouflées. Des flux en dollars ont ainsi transité dans des banques américaines, alors que ces transactions étaient illégales au regard du droit américain. L’accord de règlement décrit la manière dont le senior management de certaines entités, de même que certains services centraux du groupe, avait connaissance de la non-conformité au droit américain et du risque que les transactions soient bloquées par les banques correspondantes américaines. Cela est illustré par les consignes données au personnel, voire aux clients, ainsi que par les processus employés pour que les transactions puissent être
Les violations apparentes ont également impliqué des entités commerciales d’ING aux Pays-Bas, en Belgique, en France ou en
Au final, ING a accepté de transiger avec l’OFAC sur des violations apparentes des programmes de sanctions à l’encontre de Cuba, de la Birmanie, du Soudan, de la Libye et de l’Iran, pris en application des lois américaines de
Le montant de la pénalité
L’accord de règlement, qui prévoit qu’il ne s’agit ni d’une reconnaissance ni d’une négation de la part d’ING des faits lui étant reprochés, détaille les agissements de l’établissement qui ont conduit l’OFAC à considérer que des transactions ont été réalisées en violation du droit américain. Selon l’OFAC, le montant important de la transaction s’explique par le nombre d’opérations, la sophistication globale de l’organisation d’ING, les difficultés de coopération au début des investigations de l’OFAC, ainsi que la connaissance par le personnel et le senior management des violations de la législation américaine.
Quand bien même ING a volontairement révélé certains de ses agissements à l’OFAC, cette dernière a considéré que la conduite de l’établissement avait été « inacceptable », ce qui a eu un impact sur le calcul de l’amende. Le montant maximal de la pénalité prévue par la législation américaine était de plus de 1 300 millions de
Les engagements imposés à ING et la portée du droit américain des sanctions
De par l’accord de règlement, ING s’est engagée à implanter des politiques et procédures permettant d’éviter et de réduire le risque d’une nouvelle violation de la réglementation américaine. ING doit, à l’issue d’une période d’un an après la conclusion de l’accord avec l’OFAC, contrôler le dispositif mis en place et s’assurer que ce dernier permet de bien détecter et de signaler les transactions qui seraient non conformes à la réglementation de l’OFAC. Le contrôle devra être conduit par les services d’audit d’ING et ses résultats seront transmis à l’OFAC dans les six mois suivants l’anniversaire de la conclusion de l’accord. Si, par la suite, l’OFAC constate qu’ING n’a pas respecté ses obligations, intentionnellement et matériellement, l’accord de règlement sera considéré comme nul.
ING doit également s’acquitter du règlement d’un montant de 619 millions de dollars. La direction générale d’ING a reconnu que les violations en question étaient « graves et inacceptables » et le groupe a indiqué avoir pris des dispositions pour renforcer la conformité au sein de son
L’accord n’empêche cependant pas l’OFAC d’intenter une nouvelle action contre ING pour d’éventuelles violations non visées dans l’accord ou bien des violations commises postérieurement à la date de l’accord. ING renonce à toute contestation à l’encontre de l’
Un risque sérieux
Cette transaction « record », conclue avec un établissement
Il est fort probable que la conformité à la réglementation de l’OFAC devienne un enjeu stratégique pour les établissements financiers non américains, tout autant que l’est, par exemple, la préparation à la mise en œuvre de la réglementation
En Europe aussi…
Pour conclure, il convient de rappeler que les sanctions américaines, en dépit de leur propension à s’appliquer à des personnes non américaines, ne sont pas les principales obligations incombant aux établissements financiers. Les mesures restrictives prévues par les règlements européens sont tout aussi contraignantes et s’appliquent à l’ensemble des opérateurs économiques exerçant une activité, en totalité ou en partie, au sein de l’Union