La RSE (Responsabilité sociale et environnementale) n'est pas réservée aux industries et à leurs activités polluantes. Les banques, entreprises de services par excellence, ont elles aussi un rôle à jouer, et leur implication dans ce domaine n'est pas nouvelle.
Les premières initiatives de développement durable conduites par les banques sont généralement tournées vers l'interne et visent à réduire leurs impacts directs. Les actions menées sont variées :
- sur le plan environnemental, elles portent aussi bien sur la réalisation d'un bilan carbone que sur la mise en place de mesures d'efficacité énergétique, de maîtrise des consommations et de recyclage des déchets ; sont également privilégiés le déploiement de normes et politiques HSE (Hygiène, sécurité et environnement), l'évaluation des fournisseurs et la mise en place de politiques d'achats responsables ;
- sur le plan social et sociétal, les banques assurent par exemple la promotion de la diversité et s'engagent dans des plans de mécénat et de bénévolat.
Les efforts effectués sur ces activités dites « directes » ne peuvent cependant être minimisés, car ils constituent le départ de toute démarche RSE et un premier levier d'action efficace. Néanmoins, sans être neutres, les impacts directs des banques sont bien moins importants que ceux d'un industriel. Le grand enjeu pour les banques et la société en matière de RSE réside dans leurs impacts indirects.
L'enjeu crucial des impacts indirects
La crise financière de ces dernières années a mis sous les feux des projecteurs le secteur financier, qui est confronté depuis lors à un risque de réputation.
La crise a fait prendre conscience à la population de l'importance de la responsabilité sociétale du secteur, en mettant notamment en évidence son rôle dans le financement et la structuration de l'économie à long terme. Les banques jouent ainsi un rôle en matière de RSE à travers leurs choix de financements et de non-financements.
En effet, au travers de l'octroi de crédits, les banques contribuent significativement à l'économie : le taux de croissance de l'encours des crédits à l'économie par les banques françaises, en augmentation depuis plusieurs années, est encore en progression de 1,7 % en 2012, selon les chiffres de la
Les banques, et les établissements financiers de manière générale, peuvent donc avoir un fort impact sur l'économie, à travers la direction que prennent leurs investissements. Et ce sont finalement les activités qu'elles financent qui représentent la part la plus significative de leur impact environnemental, social et sociétal.
Dans un
Ainsi, une banque, dont les émissions directes de CO2 sont très inférieures à celles d'un industriel, aurait à première vue un impact négligeable en réduisant de 10 % ses émissions par rapport à la même réduction opérée par ledit industriel ; mais en prenant en compte ses activités de financement dans le calcul des émissions, cette même réduction a un impact bien supérieur et sans aucune commune mesure à celle de l'industriel. Le secteur bancaire est donc un acteur clef de la transition vers une économie plus durable.
Ceci met en évidence les puissants leviers d'action des banques qui, en intégrant des critères environnementaux, sociaux ou sociétaux dans leurs processus de financement, peuvent contribuer positivement à l'effort en privilégiant les investissements durables.
Lorsqu'elles sont actionnaires, les banques disposent d'une influence plus grande encore, puisqu'elles peuvent remettre en cause un management qui ne suivrait pas une politique de développement durable.
Pour mesurer l'efficacité de leurs politiques RSE dans leur ensemble, certaines banques commencent donc à mettre en place des solutions d'évaluation de la performance RSE de leurs financements, afin d'intégrer des paramètres sociaux et environnementaux dans le choix des projets.
Au-delà du pilotage et du reporting sur leurs activités de RSE traditionnelles, les solutions existent aujourd'hui pour la mise en place de ces démarches proactives et stratégiques.
Mesurer et piloter la performance RSE
Pour suivre l'efficacité RSE des projets sur lesquelles elles investissent, les banques créent des référentiels incluant des critères RSE et favorisent certains projets durables.
C'est ainsi qu'une banque peut suivre certains indicateurs clés de la performance sociale et environnementale, de manière automatisée et au moyen de solutions logicielles de pilotage. Pondérées en fonction du niveau d'investissement de la banque, ce sont en effet autant d'informations qui peuvent être facilement prises en compte dans la mesure de la performance développement durable globale des entreprises financées.
De la même manière qu'une solution logicielle permet, par exemple, de traquer les émissions de gaz à effet de serre (GES) liées à l'activité interne d'une banque (émissions du
À plus large échelle, une banque peut ainsi mesurer l'efficacité de chaque entreprise bénéficiaire de ses financements par rapport à des critères RSE, définis par des référentiels propres ou standard de type GRI (Global Reporting Initiative), CDP (Carbon Disclosure Project) ou Grenelle 2 (articles 225 et 75) en France. Le système informatique permet en effet de déployer auprès des entreprises bénéficiaires des questionnaires d'audit et/ou d'autoévaluation portant sur le respect de ces critères. Les résultats saisis sont consolidés en tableau de bord et permettent à la banque de bénéficier d'une visibilité sur l'efficacité RSE de son portefeuille d'investissement.
Les solutions de pilotage permettent également d'aller vers une véritable démarche d'amélioration continue. La vision consolidée permet de détecter des insuffisances ou non-conformités par rapport aux critères souhaités, d'identifier les leviers d'amélioration propre à chaque projet ou ligne d'investissement et de définir les plans d'action à y associer.
De manière plus proactive, le système permet d'effectuer des simulations au niveau d'un projet (que se passe-t-il si l'entreprise financée remplit ses objectifs de réduction de consommation énergétique ou améliore sa performance sur le volet social ?) et sur l'ensemble du portefeuille d'investissement (que se passe-t-il si je réinvestis sur ce projet plutôt que sur un autre ?)
Ces leviers de mesure et d'amélioration de la performance, associés aux activités de RSE internes, permettent de mesurer et piloter efficacement la performance développement durable globale d'une banque. Ainsi, tout comme les industriels influent aujourd'hui sur les pratiques de leurs fournisseurs, les banques peuvent impulser des changements positifs chez leurs clients.