Bâle III

Le Comité de Bâle peaufine son ratio de liquidité à court terme

Créé le

09.01.2012

-

Mis à jour le

17.01.2012

Le groupe des gouverneurs de banques centrales et des régulateurs (GHOS) de la BRI a approuvé le 8 janvier une série de propositions du Comité de Bâle, qu’il supervise, concernant le ratio de liquidité à un mois (LCR ou Liquidity Coverage Ratio). Le Comité précise ainsi que, si ce ratio doit être supérieur à 100 % en temps normal, il pourra tomber sous ce niveau en cas de stress. Il prévoit aussi de revoir le mode de calcul des sorties nettes de cash, c’est-à-dire le dénominateur du ratio. Surtout, le Comité confirme sa volonté de retravailler la composition du pool d’actifs liquides entrant dans le numérateur du ratio. Composé essentiellement de cash et de dettes souveraines, ce coussin de liquidité n’apparaît plus optimal à la lumière de la crise de la zone euro. Banquiers et régulateurs, en particulier français, étaient montés au créneau tout au long de l’année 2011 pour obtenir un assouplissement des conditions d’éligibilité. Les réclamations portent sur une plus grande prise en compte des covered bonds, pour l’instant limités à 40 % du coussin. Mais certains voudraient aussi que soient acceptés les actifs éligibles au refinancement en banque centrale, dont le spectre est bien plus large.

Banques centrales : des prêteurs en premier ressort ?

Ce point ne semble toutefois pas du goût des sages bâlois, en particulier du président du GHOS, le gouverneur de la Banque d’Angleterre Mervyn King : « L’objectif du LCR est de s’assurer qu’en temps normal, les banques aient une structure de refinancement saine et détiennent suffisamment d’actifs liquides, de telle sorte qu’il soit demandé aux banques centrales de jouer uniquement le rôle de prêteur en dernier ressort et non celui de prêteur en premier ressort. » En clair, accepter tous les titres éligibles en banque centrale dans le coussin sous prétexte qu’ils donnent par défaut accès à la liquidité, n’est pas souhaitable : ce serait reconnaître un rôle de « prêteur en premier ressort », c’est-à-dire « de tout temps », à la banque centrale. Toutefois, le Comité souligne l’importance d’examiner les interférences entre le LCR et l’action des banques centrales en temps de crise, pour éviter que le ratio « n’entrave ou n’entre en conflit » avec la politique monétaire. C’est en effet une question majeure pour prévenir tout arbitrage réglementaire : « il faut éviter que les banques n’exploitent cette différence, en finançant des actifs liquides conformes au LCR grâce à des prêts obtenus auprès de la banque centrale et garantis par des actifs eux-mêmes non éligibles au ratio », s’inquiétait ainsi Fransceco Papadia, directeur général des opérations de marché de la BCE dans une interview à début octobre [1] . Les débats sont donc loin d’être clos. S.L.

1 Revue Banque n° 741, novembre 2011, p. 48.

À retrouver dans la revue
Banque et Stratégie Nº299
Notes :
1 Revue Banque n° 741, novembre 2011, p. 48.