BFI et Big Data, vers la prise de décision « augmentée »

Créé le

30.12.2015

-

Mis à jour le

13.01.2016

Le Big Data et les nouveaux outils analytiques constituent l’une des facettes les plus prometteuses de la digitalisation. Dans la BFI, ils permettent une prise de décision plus rapide et plus fiable pour la gestion des risques, le pricing, la détection des fraudes, la recommandation de produits, ainsi que dans la plupart des fonctions supports (finance, RH, systèmes d’information).

Si le « data mining » n’est pas, en soi, une nouveauté dans les services financiers, il réalise cependant avec la digitalisation un spectaculaire bond en avant. D’abord, les volumes de données utilisables explosent. Certaines sont propres aux banques, comme par exemple les transactions ou les historiques de navigation sur les plates-formes client, tandis que d’autres s’échangent entre entreprises, voire sont disponibles librement, sur les réseaux sociaux par exemple. Ensuite, les progrès récents des algorithmes et des capacités informatiques – parfois qualifiés d’intelligence artificielle ou de machine learning – permettent de réaliser des prédictions de plus en plus précises à partir de ces données.

Ces outils sont comparables à ceux utilisés par les grands sites de commerce électronique pour recommander l’achat d’un produit. Fondés sur un principe simple (« des clients similaires ont des besoins ou des risques similaires ») et sur des outils mathématiques pointus, notamment les travaux du statisticien Prasanta Chandra Mahalanobis [1] , ces outils discernent des corrélations entre des phénomènes et des variables a priori sans lien. Ils peuvent, par exemple, fournir instantanément aux chargés d’affaires une feuille de route pour investir leurs efforts à bon escient. Une banque internationale a ainsi généré automatiquement 250 000 contacts commerciaux sur une base de 75 000 clients corporate, parmi lesquels 55 000 ont débouché sur des contacts qualifiés. Ces mêmes outils peuvent aussi aider à mieux gérer les risques de crédit (voir figure) ou à orienter les services d’audit interne vers des opérations de trading suspectes.

Si en dernier ressort, la décision appartient toujours au chargé d’affaires, à l’analyste ou au trader, elle est préparée en amont par des outils d’aide à la décision de plus en plus sophistiqués.

 

1 Prasanta Chandra Mahalanobis (1893-1972) a proposé en 1936 une mesure statistique, nommée en son honneur « distance de Mahalanobis ». Il a fait des études d'avant-garde dans l'anthropométrie et contribué à la conception d'enquêtes par sondage à grande échelle. En 1931, il a fondé l'Institut indien de statistiques et, en 1933, la revue Sankhyā, dédiée aux statistiques (source : Wikipedia), ndlr.

À retrouver dans la revue
Banque et Stratégie Nº343
Notes :
1 Prasanta Chandra Mahalanobis (1893-1972) a proposé en 1936 une mesure statistique, nommée en son honneur « distance de Mahalanobis ». Il a fait des études d'avant-garde dans l'anthropométrie et contribué à la conception d'enquêtes par sondage à grande échelle. En 1931, il a fondé l'Institut indien de statistiques et, en 1933, la revue Sankhyā, dédiée aux statistiques (source : Wikipedia), ndlr.