« La stabilité des prix est définie comme une progression sur un an de l'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) inférieure à 2 % dans la zone euro. (Aussi) le Conseil des gouverneurs a décidé que, dans le cadre de la poursuite de l'objectif de stabilité des prix, il visera à maintenir les taux d'inflation à des niveaux proches de 2 % à moyen terme. » Actée lors de la première stratégie de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) en 2003, cette définition doit, sous certains aspects, être rangée aux oubliettes.
Officialisée le 8 juillet 2021, la nouvelle politique monétaire porte de subtiles innovations. Si l’IPCH demeure l’indicateur clef suivi par l’institution présidée par Christine Lagarde, le Conseil des gouverneurs envisage d’y introduire le coût des logements occupés par leurs propriétaires. Alors que les loyers sont déjà comptabilisés, au titre des services, la nouvelle stratégie reviendrait à intégrer l’inflation des actifs dans la hausse des prix. Une première en Europe ! Par ailleurs, le terme « inférieure » disparaît, au profit d’un objectif « symétrique fixé à 2 % à moyen terme ». Traduction de Christine Lagarde, la présidente de la BCE : « Nous savons que les 2 % ne seront pas atteints constamment, qu'il peut y avoir une déviation modérée, temporaire dans les deux sens par rapport à ces 2 %. Et c'est très bien. » En juillet, selon Eurostat, l’inflation en zone euro s’établissait à 2,2 %. Quant aux taux directeurs, la BCE les a laissés stables cet été.
Lire la chronique de Patrick Artus sur l’impact économique de cette nouvelle stratégie monétaire.