Épargne réglementée

La Banque de France plus fan du LEP que du PEL !

Créé le

29.09.2021

Il a pris la place, il y a deux ans, de l’observatoire de l’épargne réglementée. Adressé par le gouverneur de la Banque de France au président de la République, le rapport annuel sur l’épargne réglementée fait le point sur cette famille de produits: livrets A et bleu, livret de développement durable (LDDS), livret d’épargne populaire (LEP), compte et plan d’épargne logement (CEL et PEL)… L’édition 2020 a naturellement été marquée par la sur-épargne liée à la crise du Covid, avec pour conséquence une difficulté majeure à consommer lors des phases de confinement.

Premier constat: l’épargne réglementée n’a pas particulièrement tiré son épingle du jeu dans cette phase atypique. Son poids reste égal à 14,4% de l’épargne financière des ménages, un niveau à peine supérieur à l’année précédente (14,3%). La hiérarchie, elle, a bougé. Grâce à 26,1 milliards de versements nets l’an dernier, le livret A affiche aujourd’hui un encours de 326 milliards d’euros. Il domine désormais le PEL, l’ex-star de la famille, à 294 milliards.

À l’évidence, le mouvement est durable. D’abord, la dynamique commerciale sur le PEL n’est plus. En 2020, le solde net d’ouverture et de fermeture de plans est négatif, à –590 000 plans. 1,4 million de PEL ont ainsi été fermés, parfois avec des motivations réglementaires chez certains établissements. Surtout, François Villeroy de Galhau confirme avoir ce produit dans sa ligne de mire. Et plus particulièrement les anciens plans mis en place avant la réforme de 2011. Autrement dit, les plans avec une durée de vie potentiellement viagère. Et des taux garantis en moyenne de 4,5%. "Ces taux, quasi garantis à vie en l’état actuel du droit, pèsent sur le bon financement de l’économie française et sur l’équité sociale", explique-t-il en introduction du rapport. Le gouverneur plaide ainsi pour un abaissement de la rémunération à 1%, avec à la clef un gain de l’ordre de 3,9 milliards d’euros pour le financement de l’économie française. En l’occurrence, la décision revient au législateur et il n’est pas certain que l’environnement électoral soit propice à une réforme de cette nature.

Bis repetita sur le PEL, cette année, mais bis repetita également sur le LEP. Là encore, le solde net des ouvertures-fermetures est négatif, avec une baisse de 248 000 LEP. Surtout, il n’existe que 7 millions de LEP alors que la population éligible à ce livret, affichant une rémunération supérieure de 25 points de base au taux du livret A, est évaluée à 15 millions de personnes. La Banque de France espère donc voir ce chiffre augmenter à l’avenir, d’autant que des procédures ont été facilitées par la loi ASAP de décembre 2020. Les banques et la Direction générale des Finances publiques pourront ainsi échanger des données, permettant une information initiale des clients – puis un contrôle régulier, sur leur éligibilité au produit. Pour mémoire, plafonné à 7 700 euros, le LEP est réservé aux contribuables affichant un revenu fiscal de référence 2019, inférieur à 20 016 euros pour une part, 25 361 pour une part et demie, 30 706 pour deux parts… Les revenus acceptés sont légèrement plus élevés pour l’Outre-Mer.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº860