Pouvez-vous donner une vision d'ensemble de vos activités en Chine continentale ?
Nous sommes présents en Chine depuis plus de 20 ans, plus précisément depuis 1993. Nos deux axes de développement sont les assurances (vie et non-vie) et la gestion d’actifs. Sur ce second métier, AXA IM est activement présent en Chine, en son nom propre et aussi au travers d'une coentreprise, nouée dès 2007 avec la Shanghai Pudong Development Bank. La société, basée à Shanghai, se développe très vite.
Notre activité d’assistance connaît également un bel essor. AXA est positionné sur ce segment via une filiale à 100 % à Pékin et Shanghai depuis 2005, date à laquelle l'assurance automobile est devenue obligatoire en Chine.
AXA a déclaré vouloir réaliser des « investissements massifs » en Chine. Comment cette annonce se traduit-elle dans les faits ?
Notre développement a connu une accélération significative au cours des 18 derniers mois, avec deux transactions majeures. Nous avons tout d'abord conclu un partenariat en assurance vie avec ICBC, qui nous donne accès à leur base de 300 millions de clients. À travers cette coentreprise, le potentiel est énorme. Par ailleurs, en assurance dommages, nous avons conclu en avril 2013 un accord avec Tian Ping, l'un des acteurs importants du marché de l'assurance automobile en Chine.
Ces partenariats ont fait de nous le premier acteur étranger du secteur de l'assurance vie et non-vie en Chine. C'est un succès important et visible, qui, je l’espère, aidera les autres entreprises françaises à accélérer leurs ambitions en Chine.
Qu'est-ce qui a distingué AXA de ses concurrents pour remporter la mise ?
La décision d'ICBC et Tian Ping s'est faite, à mon avis, sur les critères suivants : nos compétences techniques et managériales, l'engagement de long terme d'AXA en Chine et, bien entendu, notre solidité financière. Nous sommes également les partenaires privilégiés de plusieurs universités et écoles chinoises, dont l'université de Tsinghua. Depuis Claude Bébéar, AXA est représenté au Conseil d'orientation de la School of Economic Management, aux côtés d'autres dirigeants d'entreprises internationales et de personnalités chinoises. À ce titre, Henri de Castries se rend très régulièrement en Chine. AXA est également très impliqué dans la célébration des 50 ans de relations diplomatiques entre la France et la Chine, à commencer par la nuit de Chine du 27 janvier dernier. 2 000 jeunes étudiants ont été invités à l'événement et, parmi eux, 200 étudiants des plus grandes universités et écoles françaises ont été conviés au siège d'AXA et reçus par Henri de Castries et l'ensemble du Comité exécutif.
Dans les années à venir, allez-vous poursuivre dans la voie des partenariats, avec de nouvelles alliances, ou bien plutôt développer ces deux partenariats ?
Effectivement, ces deux partenariats sont nos deux principaux axes de développement en Chine. Dans un marché tel que la Chine, qui présente beaucoup de spécificités locales, c'est le meilleur moyen de combiner les connaissances locales du partenaire, son réseau, avec notre expertise technique et managériale.
Avez-vous fixé des objectifs chiffrés, notamment en automobile ?
Avant de parler objectifs, il est nécessaire de parler du potentiel du marché automobile chinois. Le parc a dépassé les 100 millions de véhicules et les ventes annuelles sont de 20 millions ; dans des pays comme la France, on oscille entre 1,5 et 2 millions de véhicules. D'ici 2020, le parc automobile pourrait atteindre les 200 millions d'unités.
Le potentiel de développement est donc très important, à l'image de la taille du marché. À l'heure actuelle, Tian Ping possède 0,9 % de parts de marché, mais nous sommes déjà, via notre coentreprise, le plus important acteur étranger.
En outre, AXA va se positionner sur le créneau de l'assurance directe, la distribution sans intermédiaire, sur laquelle notre partenaire a déjà une position intéressante. Nous allons développer ce segment de manière très rapide, en utilisant l'expérience du groupe AXA, avec notre plate-forme AXA Global Direct. Nous espérons, grâce à cette activité, croître plus vite que le marché en assurance automobile, grâce à notre apport technique et à nos investissements marketing.
Sous quelle marque allez-vous opérer ?
Cela sera annoncé plus tard, le partenariat n’est pas encore totalement finalisé, notamment sur le plan des autorisations réglementaires.
Quelles opportunités pourraient émerger des réformes annoncées par le gouvernement, en particulier la réforme du système social ?
Le gouvernement chinois est parfaitement conscient des besoins dans les domaines de la retraite et de la santé, à court, moyen et long terme : la population s'enrichit et vieillit, ses besoins augmentent. La génération qui partira à la retraite dans 10 à 30 ans sera directement concernée.
La direction donnée par le gouvernement lors du dernier plénum est extrêmement claire. Il y aura beaucoup d'opportunités pour les acteurs privés de l'assurance, tant sur les retraites que sur la santé, car le gouvernement désire que le secteur privé participe activement à ces secteurs d’activité.
Avez-vous prévu de vous implanter dans la zone de libre-échange de Shanghai ?
Nous regardons toutes les initiatives en cours, en particulier celle de Shanghai, qui est l'une des actions lancées par le gouvernement chinois pour tester l'ouverture du marché. Sur notre métier d'assureur, nous n'avons pas encore pris de décision définitive sur ce point. En revanche, notre coentreprise en gestion d’actifs a déjà créé sa filiale dans cette zone, en décembre 2013.