Comment intervient le groupe Flowbird dans la gestion des transports et leur paiement ?
Nous vendons des plates-formes aux collectivités locales pour leur permettre de gérer la mobilité dans les villes ; concrètement, sur notre plate-forme, nous gérons des droits – pour prendre un bus, un train, un vélo ou de garer sa voiture – auxquels sont associés des utilisateurs, qui peuvent être identifiés par n’importe quel type d’identifiant : une carte prépayée comme un passe Navigo, une plaque d’immatriculation, un compte bancaire, une adresse mail… Ensuite, nous processons le paiement de façon sécurisée, quel que soit le moyen de paiement employé.
Nous sommes en mesure de faire un lien entre le nombre de droits payés par les utilisateurs et l'argent encaissé, et garantissons aux collectivités locales une traçabilité absolue de toutes les transactions, y compris les transactions interrompues, par exemple. Jusqu’à présent, des employés indélicats pouvaient jouer sur les marges d’erreurs et d’incertitude dans la comptabilisation des transactions pour que certains petits détournements passent inaperçus. Grâce à notre système, si la réconciliation n’est pas équilibrée, nous pouvons retracer les flux et savoir dans quelle étape de la chaîne de paiement les sommes ont disparu.
Comment gérez-vous les différents tarifs auxquels peuvent prétendre les utilisateurs ?
Nous vendons un outil qui permet de calculer le prix du droit en fonction de la qualité des utilisateurs et de leurs usages. Chacun d'entre eux a des attributs spécifiques, qui peuvent être de natures très diverses, comme le lieu de résidence, le fait d'avoir une voiture polluante ou pas, d'être étudiant ou retraité, d'avoir un abonnement ou pas… Ces attributs déterminent le tarif auquel sera évalué le droit de transport acheté. En outre, les villes peuvent décider de plafonner le prix du transport au bout d'un certain nombre de trajets effectués dans une journée par exemple. Il peut y avoir des périodes de tarification spéciale. Ces « règles métiers » à prendre en compte sont de plus en plus nombreuses et complexes. Mais nous donnons la garantie aux voyageurs de payer le meilleur tarif auquel ils peuvent prétendre.
Comment mettez-vous en œuvre le concept Mobility as a Service (MaaS) ?
Le concept MaaS consiste à rendre simple un trajet multimodal. Multimodal veut dire qu'un voyageur peut commencer son trajet en voiture, puis le continuer en bus ou en train, et finir avec une trottinette ou un vélo en usage partagé. Suivant le concept MaaS, il ne faut pas qu'il ait à utiliser une carte différente ou à acheter un ticket à chaque étape. À partir du moment où l’utilisateur a été identifié, il doit être possible de suivre son trajet quel que soit le mode de transport utilisé et de facturer à l'usager le montant exact des prestations, sur la base d'un tarif calculé de façon optimale en fonction de l’usage et de l’ayant droit.
Par exemple, quand le client se gare dans un parc relais, sa plaque d’immatriculation est lue par la caméra du parking et il sera identifié sans qu'il ait aucune formalité à accomplir ; puis quand il monte dans le bus, il pose son téléphone NFC, sa carte bancaire sans contact ou son passe Navigo sur le lecteur ; enfin, s'il souhaite terminer son trajet à vélo, il s’identifie avec le même outil sur la cible de la borne. À chaque utilisateur correspond une carte bancaire répertoriée, et nous transmettons l’information pour que l’utilisateur soit débité et les prestataires de services crédités.
Nous pouvons processer le paiement nous-même, si notre client le souhaite, ou nous contenter de gérer l’information et laisser faire le paiement par la société dont nous aurons intégré le service.
Où avez-vous déjà mis en œuvre ce concept ?
Nous le faisons par exemple en Australie, dans la ville de Perth : les voyageurs passent leur carte prépayée sans contact devant notre cible chaque fois qu'ils embarquent et descendent des différents moyens de transport. Comme nous savons où ils sont montés et descendus, les utilisateurs se déplacent librement et nous leur facturons le tarif le plus favorable dans tous les cas de figure.
En Australie, le moyen de paiement utilisé est une carte privative de type Navigo préchargée et la plupart des utilisateurs signent une autorisation pour que nous puissions la recharger automatiquement quand le solde descend en deçà d'un montant plancher, ce qui évite les impayés potentiels.
La carte bancaire peut-elle être utilisée dans ces configurations de MaaS ?
La tendance est en effet aujourd'hui d’utiliser de plus en plus une carte bancaire sans contact. C’est ce que nous appelons l’open payment. Mais il nous faut alors avoir une autorisation des schemes cartes concernés, comme Visa ou Mastercard, parce qu’il peut précisément y avoir un risque d’impayés et la question est de savoir qui assume ce risque. Par exemple, à Londres, lieu de la première expérience du genre lancée pour les JO 2012, chaque fois que vous montez dans un bus, vous payez un montant forfaitaire par trajet en passant votre carte sans contact devant le valideur. Mais pour garantir la fluidité du process, il n'est pas possible de vérifier en temps réel si le solde disponible est suffisant sur votre compte ; si votre carte n’est pas approvisionnée, vous passez en liste noire et vous ne pourrez pas valider votre prochain trajet. Le risque maximum d'impayé par carte correspond donc à un seul trajet. À cela s’ajoute également le risque d’une interruption de la connexion Internet. La gestion du risque d’impayé est un point sur lequel les collectivités locales, les banques, et les schemes doivent se mettre d’accord dans le cadre du projet.
Toutefois, la dérogation est consentie par les schemes pour les transports publics, mais pas encore dans le stationnement sur voirie. Pourtant, les risques d'impayés ne sont pas plus élevés que dans les transports. Et si vous voulez faire du MaaS, vous ne pouvez pas le faire en silo : il faut que l’offre soit simple quel que soit le mode de transport.
Flowbird est très présent dans le paiement : comment êtes-vous organisé ?
Nous avons le statut de Payment Service Provider. En ce qui concerne les paiements électroniques, nous processons environ 500 millions de transactions chaque année. Une complexité de notre métier est que nous transportons de l’argent public que nous créditons sur le compte des villes en passant par la banque acquéreur de ces dernières. Nous devons donc faire certifier chacune de nos chaînes de paiement, de notre lecteur de carte bancaire jusqu’à la banque acquéreur en passant par le moyen de paiement utilisé, téléphone, carte bancaire… Nous devons faire des certifications avec chaque acquéreur, dans chaque pays et sur chaque chaîne de paiement. Le coût de certification est donc très élevé, mais cela garantit la réconciliation évoquée précédemment entre prestations vendues et paiements encaissés. La spécificité de Flowbird est d'avoir des certifications avec un très grand nombre d’acquéreurs dans un très grand nombre de pays, contrairement à d’autres acteurs dans notre métier qui ne sont souvent positionnés que sur un nombre limité de pays.