Atlantique Coopération : une agence pour les clients en difficulté

Créé le

01.08.2014

-

Mis à jour le

12.09.2014

Pour accompagner sa clientèle fragile, Banque Populaire Atlantique a décidé en 2013 de lancer le réseau « Atlantique Coopération ». Doté pour l’instant d’une agence à Nantes, ce concept réunit dans une même équipe l’ensemble des compétences en la matière : gestion courante des clientèles en difficulté, microcrédit personnel et professionnel.

En 2013, 9 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté en France. Sur le territoire couvert par Banque Populaire Atlantique, le taux de chômage atteint plus de 9 %. Les accidents de la vie sont de plus en plus nombreux et fragilisent le quotidien de nos clients. Beaucoup de particuliers n’ont plus accès au crédit pour simplement pouvoir s’équiper d’un véhicule pour se rendre à leur travail. Créer son propre emploi devient parfois une nécessité absolue lorsque le marché du travail se tend.

Responsabilité sociétale

La solidarité avec nos clients particuliers dans une conjoncture économique dégradée (chômage, pauvreté, accidents de la vie…), pour leur permettre de garder un accès aux services bancaires et au crédit afin d’améliorer leur situation : tel est le concept d’Atlantique Coopération. Cette solidarité est inscrite dans les gènes de la banque de par son statut coopératif. De plus, depuis 2012, nous sommes labellisés LUCIE, un label qui s’appuie sur la norme ISO 26 000, standard international en matière de responsabilité sociétale. Par ailleurs, dans nos engagements RSE figure le fait de « développer une offre de services à destination des clients fragiles, en partenariat avec les associations ( ADIE [1] , Fondes, CCAS [2] ...) ». Ces actions apportent donc la preuve de notre engagement en faveur de nos clients et renforcent notre image de banquier solidaire et engagé.

Atlantique Coopération consiste à mettre en place un réseau d’agences entièrement dédiées à :

  • l’accompagnement et la gestion de nos clients particuliers en difficulté financière ;
  • la mise en place de microcrédits personnels pour renforcer l’employabilité et la mobilité de nos clients exclus du système bancaire classique ;
  • identifier et accompagner les attentes de créateurs de micro-activités professionnelles avec des microcrédits professionnels ;
  • créer des liens avec les acteurs sociaux ( UDAF [3] , CCAS…) du territoire ;
  • mettre en place des partenariats actifs avec tous les acteurs de la création et de la reprise d’entreprises (France Active Garantie, ADIE, Initiative France, les Chambres de commerce et d’industrie et les Chambres de métiers…) ;
  • créer un pool d’activités dédiées à la prévention, au traitement et aux solutions pour éviter ou sortir du surendettement et de la précarité professionnelle.

Un lieu unique

L’aspect novateur d’Atlantique Coopération réside dans le fait que c’est la seule structure bancaire, probablement en France, qui regroupe en un lieu unique :

  • l’accompagnement des clients particuliers traversant une période difficile financièrement et/ou socialement ;
  • la mise à disposition de microcrédits personnels pour aider à retrouver une employabilité ou une mobilité professionnelle ;
  • l’aide aux porteurs de projets qui souhaitent créer ou reprendre une entreprise en bénéficiant d’un microcrédit professionnel.
Les clients gérés en direct bénéficient de la mise à disposition de nombreux outils qui leur permettent d’assainir leur situation financière via, par exemple, des solutions de découvert amortissables ou encore de rééchelonnement des crédits en cours. La satisfaction des clients est palpable dès la première rencontre avec l’agence.

Pour éviter la stigmatisation de notre clientèle, nous ne recevons que sur rendez-vous : l’agence n’est pas ouverte au public et ne réalise pas les opérations habituelles d’une agence classique. De plus, beaucoup de rendez-vous sont effectués dans l’agence de proximité du client : c’est donc Atlantique Coopération qui se déplace vers le client.

L’articulation avec les agences traditionnelles

Nous travaillons donc en étroite collaboration avec les agences du réseau Banque Populaire Atlantique. Nous prenons en charge le plus tôt possible nos clients en difficultés financières et nous avons mis en place un processus efficace d’accompagnement.

Nous cherchons à détecter le plus en amont possible les clients rencontrant des difficultés : nous ciblons trimestriellement les personnes dont les comptes ont un fonctionnement atypique. Nous envoyons leurs noms aux agences et un rendez-vous dédié est organisé avec le conseiller traditionnel du client et un conseiller Atlantique Coopération, soit dans l’agence d’origine, soit au domicile du client. Puis, avec son accord, le client est transféré à l’agence Atlantique Coopération et profite d’une gestion personnalisée.

Nous avons par ailleurs mis en place une offre de microcrédit aux clients particuliers pour les aider dans leur retour à l’emploi et l’amélioration de leur « reste à vivre », et ce grâce à l’accompagnement de nos sociétaires ambassadeurs, formés pour cela. Les profils de ces ambassadeurs sont hétérogènes avec des actifs et retraités actifs à parts égales qui exercent un panel varié de professions (chef d’entreprise, acteur social, pompier…). Nous avons, à ce jour, 27 sociétaires ambassadeurs sur les microcrédits aux particuliers et 11 sur les microcrédits professionnels.

Ces derniers ont pour vocation de financer la création d’activités pour aider nos clients à créer leur propre emploi. Nous avons pour cela mis en place un système de délégation sur l’accord de ces microcrédits professionnels. Ainsi, lorsqu’un créateur obtient l’accord de la contre-garantie de France Active Garantie (et d’Initiative Nantes) pour un  microcrédit de 25 000 euros maximum (et sous réserve du non-exercice d’un droit de veto du conseiller Atlantique Coopération présent lors du comité de décision), cet accord vaut accord de crédit dans les agences de la banque.

Les premiers résultats

La première agence Atlantique Coopération, basée à Nantes, est opérationnelle depuis août 2013 et compte à son actif :

  • la réalisation de 164 rendez-vous clients en difficulté ;
  • un portefeuille de 180 clients actifs gérés en direct ;
  • l’étude de 44 dossiers de microcrédit particulier, dont 24 ont été débloqués à ce jour pour un montant de 59 400 euros ;
  • le suivi de 27 clients professionnels, accompagnés par un microcrédit professionnel.
Nous avons également mis en place des classes virtuelles à destination du réseau grand public de la banque, afin de sensibiliser et de former tous les gestionnaires de portefeuille à l’offre Atlantique Coopération. Nous avons enfin signé plusieurs partenariats avec :

  • le Crédit Municipal de Nantes, pour la mise en place de microcrédits particuliers à des personnes non clientes de Banque Populaire Atlantique et envoyées par les acteurs sociaux ;
  • l’UDAF, pour la formation de nos sociétaires ambassadeurs et la mise en place de microcrédit personnel via leur réseau ;
  • les CCAS de Loire Atlantique avec qui nous travaillons au quotidien ;
  • le Fondes (France Active Garanties) et la délégation sur l’accord de nos propres microcrédits professionnels que nous leur donnons ;
  • Initiative Nantes qui bénéficie du même accord ;
  • de multiples acteurs du territoire œuvrant dans l’accompagnement social.
L’ADIE est également un partenaire important dans notre dispositif. La Banque Populaire Atlantique est le premier financeur de l’ADIE sur les territoires communs aux deux structures : la banque prête ainsi la majorité des capitaux que l’ADIE utilise pour reprêter aux créateurs qu’elle accompagne. De plus, Atlantique Coopération assure la gestion de tous les clients financés par l’ADIE et bancarisés à la Banque Populaire Atlantique compte-tenu de la spécificité de cette clientèle.

Un concept d’avenir

La mise en place de la loi de séparation et de régulation des activités bancaires renforce l’importance de la création de notre réseau Atlantique Coopération car le public impacté devient plus large encore. Nos actions et outils sont dans la droite ligne des obligations faites aux banques de prendre en charge leurs clients en situation de fragilité. C’est la preuve que l’idée est bonne et que le concept a de l’avenir.

Il reste à réussir le pari du déploiement du dispositif car il n’est pas simple de lever tous les freins internes et externes. Les procédures internes ne sont pas adaptées à la gestion particulière des clientèles fragiles (gestion des interdits bancaires et des clients fichés au FICP). Il s’agit enfin plus largement de lever les freins externes, propres à un monde bancaire qui ne fonctionne pas de manière habituelle avec les regards qui sont ceux d’Atlantique Coopération, comme le fait de travailler à partir du « reste à vivre » lors de l’étude d’un microcrédit personnel et non à partir d’un taux d’endettement classique.

1 Association pour le droit à l’initiative économique. 2 Centre communal d’action sociale. 3 Union départemental des associations familiales.

À retrouver dans la revue
Banque et Stratégie Nº328
Notes :
1 Association pour le droit à l’initiative économique.
2 Centre communal d’action sociale.
3 Union départemental des associations familiales.