I. Définition du coût de la « non-Europe »
L’objectif de l’étude n’est pas de mesurer la valeur ajoutée européenne (EAV) à long terme mais selon des scénarios de crise. Il est donc nécessaire de définir une métrique appropriée de l’EAV pour les pires scénarios qui se produisent à un intervalle de confiance et à un horizon donnés. Nous définissons ici la valeur ajoutée européenne à risque (EAVAR) comme la différence entre les plus grandes valeurs absolues du coût de la crise mesurées dans un intervalle de confiance α sous les hypothèses d’une Union faible (WEE) et d’une Union forte (SEE) respectivement.
Soit Sc un ensemble de variables financières et économiques avec des valeurs caractérisant un événement systémique (Credit Default Spreads, cycle du crédit, notations externes, PIB, FX, taux d’intérêt, prix des produits de base, inflation, dette privée, etc.).
Sous Sc, le coût de la « non-Europe » (CNE) équivalent à la valeur ajoutée européenne est la différence entre les coûts systémiques de la crise (CC) – sous une faible efficacité européenne (WEE) – et les coûts systémiques sous une forte efficacité européenne (SEE).
EAVAR (Sc) = CC (Sc | WEE)- CC ( Sc |SEE)
= Inf {C ϵ R, P(C>c) < 1- α | WEE)
- Inf {C ϵ R, P(C>c) < 1- α |SEE)
Nous considérons « C » les coûts (pertes) possibles de l’économie européenne. Sous un intervalle de confiance donné, α le coût de la crise (CC) est défini comme la plus petite valeur réelle « c » telle que la probabilité que « C » soit supérieure à « c » soit (1- α).
Dans nos calculs nous considérons un risque à horizon d’un an et un niveau de confiance de 99 %.
II. Coordination budgétaire et flux de crédit à l’économie
Nous employons un modèle linéaire généralisé de panel faisant le lien entre le niveau des flux de crédit à l’économie, la croissance du PIB, le ratio de la dette sur le PIB et les cycles de crédit.
où y i,t est la variation du niveau total des flux de crédit (log) pour le pays i au moment t ; x i,t est la variation du ratio de la dette sur le PIB ; z i,t est la variation du cycle du crédit pour le pays i et le temps t.
III. Tarification de l’assurance dépôts
Une garantie parfaite des dépôts est identique à une option standard de vente (put), où le montant des dépôts correspond au prix d’exercice et où la valeur de l’actif de la firme correspond à l’actif sous-jacent (Merton, 1977 ; Verma, 1985 ; Banque Mondiale, 2002).
Dans l’équation précédente, p est le prix d’une option de vente de maturité T avec un prix d’exercice D et une valeur sous-jacente V caractérisée par une volatilité σ. Ainsi, le prix g de l’assurance d’une unité de dépôt D dans une banque avec des actifs V est directement lié à la probabilité de default (PD) de la banque :
PD = 1- N(d)
Nous considérons ici N(x) comme la fonction de densité cumulative de la distribution gaussienne.
IV. Impact du niveau des dépôts bancaires sur l’économie réelle
Nous évaluons la relation entre le niveau des dépôts gardés dans les banques de l’UE, le cycle du crédit et la politique budgétaire. Nous utilisons un modèle linéaire généralisé de panel expliquant le lien entre le niveau des dépôts, la croissance du PIB, le ratio de la dette sur le PIB et les cycles de crédit.
où D i,t est la variation du niveau total des banques de dépôts (log) pour le pays i au moment t ; x i,t est la variation de la dette sur le PIB ; z i,t est la variation du cycle du crédit pour le pays i et le temps t. Les résultats d’estimation sont présentés dans le tableau ci-dessous :
V. Capitalisation des banques
Nous analysons la relation entre le ratio d’adéquation des fonds propres (CAR – Capital Adequacy Ratio) et la probabilité de défaut du pays PD grâce à l’équation suivante :
Les résultats sont exposés dans le tableau suivant :